Arts
Les artistes originaires du continent africain explorent la notion de transmission dans l’exposition « Ce qui s’oublie et ce qui reste »

Les artistes originaires du continent africain explorent la notion de transmission dans l’exposition « Ce qui s’oublie et ce qui reste »

26 avril 2021 | PAR Anaëlle Padé

L’exposition d’art contemporain « Ce qui s’oublie et ce qui reste » se tient du 9 mars au 29 août 2021 au Musée national de l’histoire de  l’immigration situé dans le Palais de la porte Dorée. Ne tardez pas à découvrir ce parcours d’une grande diversité au travers des 18 artistes exposés.

Une exposition qui s’inscrit dans la saison Africa 2020

« Regarder et comprendre le monde d’un point de vue africain », tel est le défi lancé par N’Goné Fall, commissaire générale de la saison Africa 2020 dans laquelle s’inscrit l’exposition « Ce qui s’oublie et ce qui reste ». Il était difficile pour le Musée national de l’histoire de l’immigration de ne pas participer à ce projet. En effet, il faut prendre en compte qu’un tiers des immigrés français vient du continent africain. L’exposition se fait en collaboration avec le MACAAL (Musée d’Art Contemporain Al Maaden) de Marrakech dont la directrice artistique, Meriem Berrada, est aussi la commissaire invitée. Celle-ci a choisi avec une grande acuité des artistes liés à l’Afrique et a travaillé avec Isabelle Renard, également commissaire de l’exposition, qui a constitué la collection contemporaine du Musée national de l’histoire de l’immigration.

Les œuvres d’art sont habitées par la question de l’influence. II y a d’abord celle du pays d’origine, qui relève de l’histoire intime, familiale, et parfois officielle des artistes, et celle du pays de résidence, le tout aboutissant à des œuvres hybrides en prise avec des questionnements contemporains. L’exposition parcourt la notion de transmission ; transmission de la mémoire mais aussi des savoirs et savoir-faire, des traditions, rituels ou encore des objets. Comment les artistes abordent-ils les notions d’héritages, d’influences et de circulations, de frontières et de migrations, de liens entre générations ? Quels sont les mécanismes de diffusion linguistiques, politiques, spirituels et sociaux dans le temps – entre passé, présent et futur – et dans l’espace ? Quelles sont enfin les limites, les fragilités, les pertes et ruptures de la transmission dans un monde globalisé ?

Les œuvres exposées traversent ces interrogations grâce à l’utilisation de divers supports artistiques ; peintures, tissages, sculptures, photographies, vidéos, installations, performances.

Dialogue et résonance entre les œuvres

Les expositions temporaires ont habituellement lieu au premier étage du Musée national de l’histoire de l’immigration. Le changement d’espace pour « Ce qui s’oublie et ce qui reste » découle de la volonté des artistes de faire résonner leurs créations dans le lieu même où ils sont exposés. C’est ce qu’explique Meriem Berrada « L’exposition est un dialogue, une réponse, mais aussi une réponse spatiale contemporaine à l’imagerie du palais. Un certain nombre d’œuvres prennent pour appui, ou en tout cas pour objet, la question du bâtiment et du contexte »

Les œuvres des dix-huit artistes du continent africain et de ses diasporas sont déployées dans la salle Marie Curie. Mais, avant d’y parvenir, il faut traverser l’ancienne salle des fêtes, aujourd’hui baptisée le forum. La première œuvre qui engage le parcours est une pièce textile de l’artiste Joël Andrianomearisoa. La lecture de cette pièce textile est réversible ; en entrant, c’est le noir qui interpelle, cette « lumière noire », qui fait office de passage, de socle. Puis, en sortant, c’est la couleur qui nous frappe et qui connote avec les fresques du forum. L’artiste invite les spectateurs à quitter les lieux munis d’une affiche sur laquelle est reproduit son poème Memory of all – A la mémoire de tous

L’exposition suit une logique spatiale. Les pièces des artistes se font écho et peuvent se ranger en trois thématiques qui, même si elles ne sont pas clairement matérialisées dans l’espace, guident le spectateur : « Transmissions de mémoire », « Omissions et ruptures », « Nouvelles écritures ».

Une exposition disponible en visio-conférence

En attendant la réouverture des musées normalement prévue pour la mi-mai, le Musée national de l’histoire de l’immigration met en libre accès de nombreux documents. Vous pourrez parcourir des ressources qui éclaireront le sens de « Ce qui s’oublie et ce qui reste » : une vidéo des deux commissaires d’exposition, Isabelle Renard et Meriem Berrada, un descriptif des œuvres exposées ainsi que les interviews de certains artistes. Il est possible aussi de s’immerger virtuellement et de traverser la salle d’exposition grâce aux visio-visites qui ont lieu les jeudis à 18h30 et dimanches à 11h. Vous bénéficierez d’un tarif unique de 9 euros par connexion. A la suite de votre réservation, un lien zoom sera envoyé la veille de la visio-visite (ou le vendredi pour la séance du dimanche). Le musée recommande de se connecter 10 minutes avant le début de la visite pour vérifier la connexion et faire connaissance avec le guide et les autres participants.

Visuel : Notwithstanding the forces at hand, Emo de Medeiros, 2018, textile.

Collection du MACAAL ©Alessio Mei © ADAGP, Paris 2021

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Anaëlle Padé

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