Théâtre

Une semaine au Festival d’Avignon 7

24 juillet 2009 | PAR Audrey Saoli

Le dernier jour est arrivé. Une semaine passe trop vite…

J’ai décidé d’aller voir la pièce de Christophe Honoré : « Angelo, tyran de Padoue ». Cette reprise d’une pièce de Victor Hugo me parait séduisante. J’aime beaucoup ce que fait le réalisateur de « Dans Paris », « Les chansons d’amour » ou encore plus récemment « La belle personne » (reprise de « La princesse de Clèves »). Je suis déjà conquise avant même que la pièce ne commence. Celle-ci se joue à l’opéra théâtre d’Avignon. C’est le seul endroit du « in »où l’on joue du théâtre dans un théâtre…

J’ai été déçue par Honoré. Moi qui pensait retrouver la poésie de ses images, son regard incisif sur une jeunesse en proie au doute, ses personnages toujours très bien écrits. Que lui est il arrivé ? N’est pas Chéreau qui le veut, savoir cumuler les deux talents que sont la réalisation et la mise en scène n’est pas une mince affaire.

Honoré est hanté par le cinéma. Sa pièce est remplie de référence cinématographique, nous passons allègrement de la tête de cheval dans le lit, clin d’œil au Parrain, à la musique des films de Tim Burton, puis à celle de Taxi driver. Il va même replacer la musique d’un de ses films : « les Chansons d’amour ». Une auto référence ?

Dans son dossier d’intention celui-ci parle du théâtre comme d’une façon d’échapper au naturaliste qu’impose le cinéma français. Pourtant sa scénographie est complètement naturaliste. Les intérieurs bourgeois sont des intérieurs bourgeois. Ils sont d’ailleurs très bien fait, on y croie. Cela pourrait être un décor de cinéma… C’est dommage car Honoré a de véritables qualités plastiques sa scénographie est très bonne .

Aucune décision n’est véritablement assumée comme si il avait peur de prendre un risque. Mais tout les metteurs en scènes prennent des risques à Avignon ! C’est un lieu d’expérimentation, parfois cela marche, parfois non, mais on ne reproche jamais à un artiste d’avoir été jusqu’au bout. Le début de la pièce est plutôt réaliste, on s’y fait très bien. Je me suis laisser prendre par cette scène qui se passe dans une boite de nuit où les comédiens jouent leurs rôles avec beaucoup de réalisme. Oui on dirai du cinéma mais c’était bien…

Tout dérape quand Honoré décide de faire de cette pièce une pièce épique. Une première question me vient à l’esprit : pourquoi Victor Hugo ? Si il voulait vraiment se lancer dans le genre épique c’est Brecht qu’il aurait du mettre en scène pas un romantique. Le texte ne suit pas. De plus on ne comprend pas bien où il nous emmène vu qu’il ne le fait pas franchement. Les grossièretés des personnages ne sont pas assez grossière, les références pas assez assumées. On a l’impression qu’il s’excuse de chacune de ses idées.

Heureusement la pièce est sauvée par le mini court métrage de fin qui est splendide. Quand il fait du cinéma il est bon !

Voilà que cette semaine à Avignon se termine. Vivement l’année prochaine…

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Audrey Saoli

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