Théâtre
Spécimens au ParisOFFestival : un cri du cœur

Spécimens au ParisOFFestival : un cri du cœur

15 juillet 2020 | PAR Alice Martinot-Lagarde

À l’occasion du ParisOFFestival, Nathalie Bensard met en scène les grands questionnements de l’adolescence dans Spécimens. Louise Dupuis et Tom Politano de la compagnie la Rousse, s’y donnent la réplique pour partager avec le public ce moment d’incertitude avec humour et tendresse. 

Sur le site du ParisOFFestival au Théâtre 14, il est indiqué que le spectacle est accessible à partir de 13 ans. C’est environ l’âge auquel on entre dans l’adolescence. Vous savez, cet âge ingrat pendant lequel on ne se trouve pas très beau, où on est traversés par la peur des sentiments et la honte d’être soi-même et où on se prépare, sans grande confiance, à la vie d’adulte. Louise Dupuis et Tom Politano incarnent parfaitement, à coups de blagues et de moqueries, ce moment dans lequel on ne se sent plus enfant, mais où l’âge adulte nous parait encore insurmontable. 

Lui, veut mordre la vie à pleines dents, vivre intensément, quitte à prendre des risques et tomber de haut. Sa référence : l’amour tragique de Roméo et Juliette. Elle, croit plutôt au destin, rêve de Le Belle et la Bête et d’un happy ending digne des contes de fées, mais pour autant sans aucune illusion, comme si elle subissait la situation consciente des stéréotypes qui la déterminent en tant que femme. Deux visions aux antipodes qui leur valent quelques comiques échanges conflictuels. Pourtant, on comprend vite que pour l’un comme pour l’autre, il ne s’agit pas vraiment de cela, mais plutôt de comprendre qui ils sont et ce qu’il veulent devenir. C’est finalement leur réaction face à la peur, celle d’approcher l’âge adulte et de laisser l’enfance loin derrière eux. 

La pièce est mise en scène telle que le spectateur ait l’impression d’assister à un moment spontané entre deux amis. Ils se confient, se disputent et rient derrière un masque de façade qui s’effrite peu à peu. La bêtise n’est jamais bien loin mais pris au piège des clichés et préjugés de l’adolescence, ils touchent la corde sensible et font transparaître leur malaise et leurs inquiétudes avec une douce sincérité. Sur fond du mythe de Shakespaere, les deux adolescents découvrent finalement l’amour. Peut-être avait-ils seulement besoin d’être rassurés, de ne plus sentir qu’on les oppose en tant que fille et garçon, de savoir qu’au final, on s’en est tous sorti. Viennent alors les questions, les inquiétudes, qu’ils font part à l’assistance jusqu’à demander son aide. Et le public, touché, coopère face à ce cri du cœur. 

 

Visuel : autorisation d’utilisation par le service de presse. 

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