Théâtre
Lancement de saison en beauté pour le Théâtre 14

Lancement de saison en beauté pour le Théâtre 14

07 septembre 2022 | PAR Rachel Rudloff

Le théâtre 14 nous conviait ce week end à un lancement de saison musical et théâtral, au cœur du chaleureux 14 arrondissement. Retour sur les festivités dans le cadre du Paris Off Festival.

 

Les spectacles et les animations concoctées par l’équipe du théâtre ont toutes lieu en extérieur, dans les cours et les rues piétonnes autour du théâtre. Le choix du lieu est symbolique : les gens rentrent chez eux, en sortent, et au milieu des bâtiments en brique du 14e, surgissent des textes, des poèmes, des chansons, promesses d’une grande saison culturelle à venir.

 

Ouverture(s) (vendredi 2 septembre)

C’est la compagnie des Anges au Plafond qui ouvre le bal avec la saison 2 de leur spectacle de marionnette Les fenêtres. Le lieu s’y prête parfaitement : chaque marionnette est postée à un étage des bâtiments de la rue Paradol. Elles nous dominent et intriguent les passants. Querelles entre voisins, débats politiques, personnages misanthropes et animaux personnifiés, c’est avec un sarcasme mais finesse que la compagnie ouvre la soirée.

Des pastiches d’émissions radios à une réécriture des fables de la fontaine pour la défense des animaux, les sujets sont vastes mais toujours traités avec légèreté et surtout avec la poésie propre à la compagnie. Les scènes comiques traitent de sujets contemporains (Covid, guerre, réchauffement climatique) autant que de sujets universels (l’incommunicabilité, la solitude), toujours accompagnés d’une ambition sonore et musicale (chant et violoncelle, aussi perchés sur les fenêtres).

Plus qu’un simple spectacle comique, Les anges au plafond finissent en beauté avec l’injonction métaphorique et littérale « Ne lâchez rien. Restez libres. Et n’oubliez pas d’ouvrir vos fenêtres« .

 

Lectures (vendredi 2 septembre)

Lola Chammah et Mathieu Touzé ont ensuite continué les festivités en nous lisant deux textes de leur choix, en lien avec leurs spectacles respectifs, que le Théâtre 14 accueillera d’ailleurs cette saison.

Pour commencer, Mathieu Touzé nous lit un extrait du Horla, de Maupassant. Le texte, moderne, évoquait tant l’angoisse de la mort que de la folie, deux thèmes que l’on retrouvera dans sa nouvelle création On n’est pas là pour disparaître (d’après le roman d’Olivia Rosenthal). A la fraîcheur de l’ombre des arbres, le directeur du théâtre nous fait voyager en Normandie, dans les inquiétantes nuits agitées du protagoniste, en proie à ses terreurs nocturnes, dont la démence résonne toujours quelque part en nous.

De son côté, Lolita Chammah nous propose une lecture de Lettre à une mère, de Fydman dans l’attente de son spectacle La visite, programmé au Théâtre 14 en mai prochain. Un tout autre registre, qui nous plonge au contraire dans les mystères des accouchements, comme lieu de naissance de 2 vies (celle de l’enfant, et celle de la mère). Le texte, bien que très bien lu reste cependant aussi poétique qu’artificiel : l’accouchement devient un moment merveilleux, les mères deviennent des reines et tout sonne faux voire essentialisant.

S’en est suivi un karaoké joyeux, auquel ont participé les habitants du 14e arrondissement, lors duquel a été annoncée la programmation complète de la saison.

 

L’infini moins un (samedi 3 septembre)

« L’infini moins un », mise en scène par Luna Murrati de poèmes d’Alicia Gallienne avec Elsa Guedj et Adrian Saint-Pol de la compagnie Diorama, nous a offert 35 minutes de douceur, de rêverie et de réflexion.
De douceur, car tels sont les gestes de la comédienne et des deux artistes entre eux dans cette lecture mise en scène.
De réflexion car, pour être poétiques, les textes de la cousine de Guillaume Gallienne, décédée brutalement à 20 ans, n’en sont pas moins intelligents, particulièrement mûrs pour l’âge de l’autrice.
De rêverie, car les intermèdes – qui n’en sont pas, puisqu’ils sont parfaitement intégrés dans la mise en scène et se mêlent parfois aux paroles – d’Adrian Saint-Pol à la flûte traversière procurent cette sensation. De ces trois talents qui dialoguent à travers l’espace et le temps se dégage une grande sensibilité ; les textes prennent comme une 3e dimension et l’émotion n’en est que décuplée.
 
 
 

Hymnes en jeu (dimanche 4 septembre)

 
L’Orchestre du Nouveau théâtre de Montreuil a joué ce dimanche 4 septembre différents hymnes orchestrés de façon originale, accompagné par une comédienne qui les introduit toujours avec humour ; les Argentins et leur passion pour la psychanalyse, les Écossais pour le rugby…
Après l’hymne afghan, perse, canadien, la comédienne annonce : « bon, évidemment, on ne pouvait pas y échapper… Bertrand Burgalat s’y est collé, comme il a dit, arguant que l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. » Mention spéciale pour cette Marseillaise, donc, aux harmonies inattendues, qui permet de renouveler notre hymne en lui donnant des couleurs empruntées à plusieurs voisins de différents continents. Comme le disait l’historien Michelet, pas d’histoire de France sans histoire du monde.
Puis vient l’hymne allemand des enfants : « n’économise pas l’effort, ni la passion, ni l’esprit ». Chaque hymne est dirigé par un membre différent de l’orchestre.
On finit par le Tibet, Madagascar, et enfin le Burkina Faso, pays des hommes intègres.
 
 
 
Article par Cloé Bouquet et Rachel Rudloff.
 

Visuel : Affiche officielle Paris Off Festival.

« Le Trophée » de Gaea Schoeters : Les chasses du comte Hunter White
Brigitte Bardot a le droit à sa série
Rachel Rudloff

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture