Théâtre
Fanny de Chaillé nous ouvre son chœur au Théâtre 14

Fanny de Chaillé nous ouvre son chœur au Théâtre 14

04 janvier 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Festival d’Automne propose aux spectateurs et spectatrices du Théâtre 14 de découvrir la promotion des Talents Adami 2020. Coup de cœur pour Le chœur !

« Le travail en collectif, j’adhère complètement »

Ils sont 10 et ont tous du talent. Certain.e.s sont plus danseur.euse.s, d’autres plus comédien.ne.s. Ils sont grands, petits, filles, garçons. Et toute l’idée de ce spectacle est justement de faire d’eux un collectif uni dans ses différences.

Les premiers et les derniers mots du spectacle sont les mêmes : « ça commence », car pour ces « jeunes talents », tout a commencé là. Les talents Adami sont un coup de projecteur immense. Cela dit qui est à suivre, qui foulera les plateaux des décennies à venir. Dans cet exercice périlleux, Fanny de Chaillé évite avec habileté la sensation de spectacle de présentation.

« Je me sens entouré »

Dans ce récit en anadiplose, un geste ou une phrase nous fait basculer dans un autre bout d’histoire. Mais personne n’est jamais abandonné, le bout d’histoire trouvera sa fin, à un autre moment, dans ce spectacle pensé un peu comme un puzzle. Le texte est un mélange des poèmes de Pierre Alféri et des compositions de Fanny de Chaillé.

Marius Barthaux, Marie-Fleur Behlow, Rémy Bret, Adrien Ciambarella, Maudie Cosset-Chéneau, Malo Martin, Polina Panassenko, Tom Verschueren, Margot Viala et Valentine Vittoz se passent les plats dans des monologues que l’on pourrait qualifier d’accompagnés. En effet, les autres écoutent celui ou celle qui parle, comme nous. Il y a dans le travail de Fanny de Chaillé une vraie recherche de l’écoute sur le plateau, ce qui n’est pas si simple. Ce n’est pas une posture, comme dans les pièces classiques, ils ne font pas semblant. Ils écoutent comme le public en salle. 

Eh bien, dansez maintenant !

Fanny de Chaillé est chorégraphe, la pièce a d’ailleurs vu ses premières se tenir au CND en octobre dernier. Le mouvement est ici central, il est « pop », pour reprendre la formule de Claudia Palazzolo, dans le sens où il n’est pas académique. Les corps des comédien.ne.s sont des outils, ils permettent de créer des images souvent très drôles. On peut citer ce trip sous pilule en boîte de nuit où les bras s’allongent à l’infini ! La danse apparaît comme un révélateur de ces textes conçus comme des nouvelles : par exemple Maudie Cosset-Chéneau nous raconte un crush dans un dortoir tout en étant allongé-débout, Valentine Vittoz raconte la vie de son immeuble et de son appartement à l’aide des autres devenus objets du quotidien (mention spéciale pour la radio en continu jouée par Margot Viala). Et le plus danseur du groupe, Marius Barthaux, invite la performance pour dire son besoin de connexion à tous.

La pièce se donne jusqu’au 15 janvier dans un Théâtre 14 plus que jamais prêt à tout pour rester ouvert. Elle est l’occasion de mieux connaître ces comédien.ne.s, et désormais, de les suivre !

Visuel : ©Marc Domage

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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