Danse
Nolwenn Bihan : « Le festival Trajectoires est une belle occasion d’élargir les représentations de la danse »

Nolwenn Bihan : « Le festival Trajectoires est une belle occasion d’élargir les représentations de la danse »

04 janvier 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Du 14 au 30 janvier 2022, le festival Trajectoires installe ses visions de la danse contemporaine à à Nantes, Rezé, Haute-Goulaine, Saint-Herblain et Saint-Nazaire. Nolwenn Bihan, directrice du T.U à Nantes nous parle de cette édition.

Ma première question va vous paraître évidente : pourquoi le TU s’est-il associé au festival Trajectoires ?

Le TU est une scène pour la jeune création, les nouvelles générations d’artistes et de spectateurs, il était donc important de s’associer à la création de ce festival de danse initié par le Centre chorégraphique national de Nantes pour faire découvrir une scène émergente tout en faisant le pari de rassembler un large public. La coopération et la diversité des lieux et acteurs culturels est essentielle : elle contribue au soutien de la création artistique, notamment régionale, tout autant qu’à la curiosité, la mobilité et la diversité des spectateur·ices.

Quels sont les spectacles que vous allez accueillir chez vous, et pourquoi ce choix ? J’ai la sensation que votre prisme est très contemporain, est-ce que cela va plus loin? Est-ce que les spectacles programmés au TU ont un point commun?

Les spectacles programmés au TU dans le cadre de cette édition de Trajectoires convoquent une certaine puissance d’agir, une volonté de liberté qui se déploie bien au delà des corps, et qui s’incarne notamment dans la voix chantée, vibratoire, lyrique, parlée ou encore ventriloque. La voix participe aux compositions chorégraphiques des spectacles de Cédric Cherdel (Mascarade), Léa Rault (C’est confidentiel), Flora Détraz (Tutuguri), Madeleine Fournier (La Chaleur) et Betty Tchomanga (Mascarades), comme un débordement de la danse, un surgissement des corps et un élargissement des possibles. Et une liberté plus grande, pleinement incarnée. Autre trait commun à plusieurs spectacles : une exploration de la scène comme un espace visuel et plastique, un espace de vibration du mouvement. Ainsi Tidiani N’Diaye imagine son spectacle Wax comme un studio photographique où corps et décor se confondent pour proposer une expérience du regard troublante, tandis que Madeleine Fournier utilise dans La Chaleur la matière sonore comme une installation visuelle, sculptant l’espace.

Le TU a la particularité d’être situé dans une université. Est-ce que cela change votre façon de programmer ? Que ce soit pendant Trajectoires ou à l’année.

Oui, le TU est en plein cœur de l’Université de Nantes, il se veut être un laboratoire d’expériences et d’expérimentation pour les étudiant·es tout autant que pour les nouvelles générations d’artistes de la scène. Aussi la programmation, au delà du festival Trajectoires, s’attache à soutenir des premières oeuvres d’artistes qui renouvellent ou questionnent les codes, qui tissent des liens étroits avec la pensée universitaire ou encore qui portent une attention forte à l’expérience de spectateur. Tout au long de la saison, la programmation s’attache à élargir les espaces de rencontres artistiques. Par exemple, pendant Trajectoires, nous proposons de découvrir les créations en cours des deux danseurs, Léa Rault et Sylvain Riejou, ainsi qu’un cycle Vidéo danse club imaginé avec le Cinématographe durant lequel quatre artistes (Tamara Seilman, Madeleine Fournier, Noé Soulier et Alice Gautier) viendront partager leurs films de danse ainsi qu’une sélection de films qui les inspirent.

Comment percevez-vous Trajectoires ? 17 jours de danse sur un territoire vaste, cela n’existe pas ailleurs je crois.

Le festival Trajectoires est une belle occasion d’élargir les représentations de la danse via un spectre de programmation très large qui s’appuie sur la diversité des lieux partenaires, ainsi que sur différents formats ouvrant de nouveaux territoires pour la danse et de belles découvertes. Le festival propose une aventure artistique et culturelle à l’échelle d’une métropole, c’est quand même un sacré beau pari et une belle promesse !

Comment travaillez-vous avec les autres lieux organisant le festival ?

Nous nous voyons régulièrement tout au long de l’année pour fixer le cap de chaque édition du festival, partager nos choix de programmation, imaginer des projets à différentes échelles, le tout piloté par le Centre chorégraphique. Chaque lieu organisateur mobilise d’autres partenaires pour imaginer diverses actions culturelles, artistiques, en proximité, ce qui renforce la dynamique collective. Cette coopération très riche permet de renouveler chaque année le format et la dimension du festival, et d’accueillir un public très diversifié.

Visuel : WAX ©Pierre Planchenault et Mascarades©Queila Fernandez

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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