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Kolik, un flot de paroles au Théâtre 14

Kolik, un flot de paroles au Théâtre 14

15 novembre 2021 | PAR Blaise Campion

Tiré de l’œuvre de l’écrivain allemand Raindald Goetz, Kolikqui se joue au Théâtre 14 jusqu’au 27 novembre, met en scène le dépérissement progressif d’un homme noyé par l’alcool et rongé par ses angoisses. Interprété par Antoine Mathieu, le personnage de la pièce use de la parole d’une manière singulière, comme pour inviter le spectateur à explorer toute la profondeur des mots et la force du langage.

Un flot de paroles

La narration de Kolik est plutôt simple. Un homme seul sur scène s’alcoolise et s’adresse dans une logorrhée de paroles étranges à son public. Il s’enfonce à mesure que la bouteille se vide, s’inquiète, s’énerve, se calme et recommence ainsi de suite jusqu’à ce que la vie s’éteigne en lui. Ses paroles sont un flot continu de mots, parfois simplement mis bout à bout : « Truc. Merde. Cerveau. Chien. ». Elles sont parfois des bribes de propos cohérents, parfois des phrases construites mais sans forcément de liens les unes avec les autres. Le texte est ainsi très brut. Il requiert une grande force d’interprétation, et il faut souligner celle d’Antoine Mathieu. C’est le jeu du comédien qui accompagne le spectateur plus que le sens de ses propos, souvent obscur. Il occupe la scène par ses mouvements, ses postures parfois renversantes. Par ailleurs, du désordre des mots jaillit parfois du sens. Un sens peut-être caché, qui invite le spectateur à l’interprétation.

Delirium

« Je ne suis pas fou » affirme le personnage de la pièce. Pourtant tout porte à le croire, surtout ses obsessions qui reviennent sans cesse : « Crasse. Saleté. » ou encore « Douleur. Mal. Aïe. ». Des névroses et des souffrances qui rongent visiblement l’homme sur scène. Un duvet enfilé à un moment de la pièce pour vaincre le froid, évoque volontiers une camisole de force. Puis l’homme sombre dans la solitude, le désespoir. La folie a pourtant bien des choses à nous dire, elle interroge notre monde avec un regard et un langage profondément différents du nôtre. On sort ainsi de Kolik avec des mots dans la tête, des formules qui marquent et qui impriment.

 

Informations pratiques :

Kolik au Théâtre 14 jusqu’au 27 novembre. Durée 1h30. Informations et réservations ici.

Visuel : © Ina Seghezzi

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Blaise Campion

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