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Alain Jean-Marie & Diego Imbert célèbrent Bill Evans au Bal Blomet

Alain Jean-Marie & Diego Imbert célèbrent Bill Evans au Bal Blomet

15 novembre 2021 | PAR Geraldine Elbaz
Dans le cadre des jeudis Jazz Magazine au Bal Blomet, Alain Jean-Marie au piano et Diego Imbert à la contrebasse ont revisité avec brio le répertoire de Bill Evans. Sur une idée originale de Diego Imbert, le duo se forme et propose un dialogue savoureux, rendant hommage au maître incontesté. Un concert événement dans la prolongation de leur album Interplay – The music of Bill Evans (Trebim Music), sorti en septembre 2020 et primé par l’Académie du Jazz (Prix du Disque Français 2020).

Interplay, d’hier à aujourd’hui

Interplay, c’est le titre d’un blues en fa mineur de Bill Evans, enregistré à New-York en 1962 et de l’album éponyme sorti la même année. Réédité dans les années 80 sous le titre The Interplay Sessions, son producteur Orrin Keepnews recevra un Grammy Award (Best Album Notes) pour les anecdotes racontées autour de la genèse des sessions du quintet de l’époque. 
 
40 ans plus tard, c’est le duo, incarné par deux très grands du jazz, qui s’exprime sur ce thème avec lyrisme, groove et sensibilité : Alain Jean-Marie, véritable légende vivante du jazz, pianiste incontournable multi-récompensé (Prix Django Reinhardt 1979, Django d’Or 2000, Victoire d’honneur des Victoires du Jazz 2021…) au parcours impressionnant et Diego Imbert, contrebassiste, compositeur, leader, journaliste, enseignant, un des artistes français les plus demandés de la scène jazz. 

Deux musiciens hors pair 

Alain Jean-Marie, autodidacte influencé au départ par les traditions musicales antillaises, le beebop, puis le jazz, a joué avec les plus grands, de Chet Baker à Dee Dee Bridgewater, en passant par Max Roach et Charlie Haden. Aussi humble que talentueux, son style est imprégné de beauté, d’élégance et de swing. 
 
Diego Imbert, contrebassiste du trio de Didier Lockwood pendant 10 ans, joue dans plusieurs formations avec notamment André Ceccarelli et les pianistes Enrico Pieranunzi et Pierre-Alain Goualch. Il a également collaboré près de 20 ans avec le guitariste de jazz manouche Bireli Lagrène, dont les influences sont déterminantes. Sa rencontre, au cours d’un stage dans les années 90 avec Eddie Gómez, célèbre contrebassiste de Bill Evans, présageait-elle la création de cet album ?

Un chant unique piano contrebasse

Le Bal Blomet est bondé pour ce concert très attendu. Les artistes sont visiblement heureux de se retrouver devant nous et de pouvoir nous jouer leurs arrangements sur 14 titres revisités avec élégance et dextérité. Les âmes de Bill Evans, Scott LaFaro, Frank Churchill, Dave Brubeck et Jerome Kern sont présentes, comme un magnifique halo autour des musiciens sur scène.
 
Diego et Alain vont s’imprégner des mélodies, des harmonies, de la rythmique de standards comme Someday my prince will come (Frank Churchill) ou Waltz For Debby (Bill Evans), mais aussi de morceaux peut-être moins connus comme Gloria’s Step (Scott LaFaro) ou Very Early (Bill Evans). Ils vont y apposer leurs couleurs, se réapproprier les thèmes pour offrir quelque chose de nouveau, où l’on entendra leur bonheur de jouer ensemble.
On adorera leur version mélodieuse, espiègle et enjouée du titre Up With the Lark (Jerome Kern), on se laissera embarquer par la rythmique de Show-Type Tune (Bill Evans), on frétillera sur Minority (Gigi Gryce). 
 
Comme la double hélice de l’ADN, dans un enchevêtrement harmonieux et sublime, les instruments se répondent et leur complémentarité semble évidente. Les accords nous plongent dans un ailleurs, un absolu enivrant, un monde poétique où l’on est bercé par une rythmique tantôt stimulante ou rassérénante. La pulsation de la contrebasse devient vitale et nous prend aux tripes. On est subjugué par cette musique, aux volutes incandescentes, d’une beauté rare, tout en nuances et subtilités. 
 
Un moment précieux. 

 
 
 
 
Visuel : (c) Pierre Colletti
 
Alain Jean-Marie, piano 
Diego Imbert, contrebasse
Interplay – The music of Bill Evans
Au Bal Blomet le 11 novembre 2021, 20h
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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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