Théâtre
Sonezaki Shinjû : marionnettes de l’Amour auThéatre de la Ville

Sonezaki Shinjû : marionnettes de l’Amour auThéatre de la Ville

13 octobre 2013 | PAR Sandra Bernard

 

 

 

Les amours contrariés sont un thème universel qui a inspiré et inspire toujours les plus grands artistes et créateurs. Tout comme Roméo et Juliette pour le théâtre Occidental, Sonezaki Shinjû est l’un des plus grands classiques traitant de ce thème dans le répertoire japonais.

Un soir d’été, Tokubei, un jeune homme, rentre à Osaka après une longue absence. Alors qu’il fait la tournée de ses clients pour récupérer les impayés, une jeune femme d’une grande beauté l’accoste. Il la reconnait, c’est O-Hatsu, une courtisane dont il était proche avant son long voyage. La jeune femme se morfond de cette longue absence et lui fait part de son inquiétude. Commence alors le récit des mésaventures du jeune commis : fiançailles forcées, dettes, licenciement et banqueroute. Alors qu’il raconte, un ami qu’il considère comme son frère entre. Quelques jours plus tôt, Tokubei lui avait prêté ses dernières économies, mais ce dernier lui révèle son vrai visage en refusant de les lui rendre et prétend que Tokubei tente de lui extorquer de l’argent. Commence alors pour Tokubei et sa jeune amie une nuit tragique…

Sonezaki Shinjû suit la déchéance des deux jeunes gens au destin peu enviable, O-Hatsu est une prostituée de 19 ans vivant chaque jour comme un calvaire et Tokubei un jeune commis de commerce d’à peine 25 ans qui se retrouve ruiné et déshonoré. Pour ces deux jeunes gens qui se sont tant aimés, la mort apparait comme la délivrance d’un monde souillé vers une terre de pureté. Contrairement au christianisme, dans le shintoïsme, le suicide dans le but de retrouver la pureté de son âme est une notion admise.

Ce qui a fait de cette pièce de Chikamatsu Monzaemon (1653-1725) un monument de la culture populaire classique, c’est son habileté à décrire toutes les nuances des sentiments humains. Cet artiste de l’époque d’Edo a écrit bien d’autres pièces de ce type. Souvent jouée, c’est la première fois qu’elle est montée selon l’art ancestral du Bunraku, le théâtre de marionnettes où le conteur est accompagné d’un joueur de shamisen. Saluons le dynamisme et l’expressivité des conteurs s’exprimant en japonais ancien.

Afin de maintenir le rythme tout au long de ce long récit où l’amour et surtout la mort tiennent le haut de l’affiche sans pour autant être morbide, plusieurs conteurs et musiciens se succèdent. Les grandes marionnettes, très expressives, réclament chacune la présence de trois marionnettistes. Elles évoluent dans une ambiance étrange et prenante mêlant chant, musique, vidéos, marionnettes et silences. La mise en scène originale propose ainsi un spectacle inhabituel, bien loin de la banale tragédie amoureuse. Le public pourra s’étonner de la longueur de la scène de la mort entre lamentations et hésitations. Chacun des deux héros est porté non seulement par son amour pour l’autre, mais également par leur foi en la délivrance des souffrances terrestres et le retour à la pureté originelle sous la bienveillance de la miséricordieuse déesse Kannon.

Visuel : © Hiroshi Sugimoto

Page sur le site du théâtre

Informations pratiques :

Théâtre de la Ville, 2 place du Châtelet Paris 4

EN MÉTRO : Châtelet, lignes 1, 4, 7, 11, 14

EN RER : Châtelet-les-Halles, RER A, B, D

EN BUS : 21,38,47,58,67,69,70,72,74,75,76,81,85,96

Hiroshi Sugimoto Metteur en scène, durée : 2H25, en japonais surtitré en français, avec le Festival d’Automne à Paris

  • du jeudi 10 au vendredi 11 octobre 2013 – 20h30
  • le samedi 12 octobre 2013 – 15h00
  • le samedi 12 octobre 2013 – 20h30
  • le dimanche 13 octobre 2013 – 15h00
  • du mardi 15 au vendredi 18 octobre 2013 – 20h30
  • le samedi 19 octobre 2013 – 15h00
  • le samedi 19 octobre 2013 – 20h30

Infos pratiques

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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