Théâtre

« Chandâla, l’Impur », une création prometteuse du Théâtre Indianostrum de Pondichéry aux Francophonies en Limousin

« Chandâla, l’Impur », une création prometteuse du Théâtre Indianostrum de Pondichéry aux Francophonies en Limousin

02 octobre 2018 | PAR Lisa Bourzeix

C’est au Théâtre de l’Union de Limoges dans le cadre de la 35ème édition du festival de Limoges qu’avait lieu la représentation de la pièce « Chandâla, l’Impur ». Une immersion dans une Inde clivée où les films de Bollywood ne suffisent plus à faire oublier la réalité. 

L’action prend place dans un décor inspiré de l’Inde d’aujourd’hui, entre traditionnel et éléments teintés d’occidentalité. Notamment un grand écran qui surplombe le plateau et qui tiendra une place très importante pendant toute la pièce. Cet écran c’est celui du cinéma, lieu où les inégalités prennent tout leurs sens et qui sera le témoin des drames qui secoueront les personnages.

Le premier visage à apparaître sur cet écran est celui de Shakespeare. Une voix s’excuse d’avance auprès de lui et annonce, à la manière d’un théâtre antique, que ce qui va suivre s’inspire ouvertement de son oeuvre Roméo et Juliette. Jack jeune « intouchable », « chandâla » en tamoul, fait partie de la catégorie sociale la plus basse en Inde, tellement basse qu’elle n’est même pas considérée comme une caste. Il tombe amoureux de Janani une jeune femme muette qui fait partie d’une des plus hautes castes. S’en suit l’histoire que l’on connait d’un amour impossible qu’ils vont transgresser pour aller jusqu’au mariage.

Mais l’inspiration de la pièce mythique s’arrête là. La fin de l’histoire n’est pas celle d’un suicide passionnel mais celle d’un meurtre. Acte monstrueux commis par la famille même de Janani. Se considérant souillée par la trahison de leur fille ils envoient des tueurs à gages pour punir les deux amants et se séparent aussi de la nounou qui les a aidé dans leur entreprise.

Imprégnée des films Bollywoodien la mise en scène et le jeu sont parfois un peu fragiles mais les comédiens transpirent d’une sincérité qui arrive jusqu’au public et le témoignage final, lui bien réel, éclaire la volonté de traiter de ces problématiques qui envahissent l’Inde aujourd’hui encore.

Les Francophonies se déroulent à Limoges jusqu’au 6 octobre.

Vous pourrez retrouver Chandâla, l’Impur à la Cartoucherie de Vincennes les 5, 6 et 7 octobre prochain. 

Visuels : © Christophe Pean

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Lisa Bourzeix

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