Danse

« Multiple-s » de Salia Sanou, la sobriété au service de la danse aux Francophonies en Limousin

« Multiple-s » de Salia Sanou, la sobriété au service de la danse aux Francophonies en Limousin

02 octobre 2018 | PAR Lisa Bourzeix

Dans le cadre de la 35ème édition du Festival, Salia Sanou, chorégraphe inscrit dans le paysage de la danse depuis de nombreuses années maintenant, a présenté sa nouvelle création intitulée Multiple-s, deux dialogues qui se succèdent entre Nancy Huston, Germaine Acogny et lui. 

Pour cette nouvelle création le chorégraphe Salia Sanou s’est accompagné de deux femmes issues de deux univers très différents. D’une part Nancy Huston, écrivaine de renom, et de l’autre Germaine Acogny personnage important du monde de danse qui est par ailleurs son mentor. Les deux duos se succèdent mais ne se rencontrent pas.

Dans un premier temps Nancy Huston derrière son panneau de lumière débute sa danse, fragile, mais gracieuse. Salia Sanou quant à lui, fidèle à son identité se lance dans une danse qui rappelle souvent celle du Tango du cheval de son acolyte Seydou Boro avec qui il fondait Salia nï Seydou en 1992. L’écrivaine déclame des textes, les siens, sous l’oeil bienveillant du chorégraphe, puis les rôles s’inversent et elle devient spectatrice d’une danse qu’il lui offre. Les moments à deux sont sincères et complices et permettent à la danse de prendre sa place.

Sans transition Germaine Acogny fait ensuite son entrée, seule, majestueuse. Quelques secondes suffisent pour que sa présence envahisse non seulement l’espace scénique mais aussi la salle. Dès que le danseur la rejoint la complicité est évidente. L’admiration qu’il lui porte se lit dans ses gestes, ses regards. Sur scène se trouve un plateau tournant sur lequel, munie de sa canne, elle se met à danser. Une danse fragilisée par l’âge mais dont la puissance ne fait aucun doute. En quelques minutes elle déconstruit l’historique de la danse européenne, brisant les frontières, mêlant mouvements de danse africaine et de ballet.

La complicité entre l’élève et le maître éclipse quelque peu la première partie avec Nancy Huston. Leurs présences respectives en imposent et leur fusion donne un mélange détonnant qui nous happe. D’abord on regrette que les univers des deux femmes ne se complètent pas sur scène et finalement le dernier binôme se suffit à lui-même.

Les Francophonies en Limousin se déroulent jusqu’au 6 octobre

Visuels : © Christophe Pean

« Chandâla, l’Impur », une création prometteuse du Théâtre Indianostrum de Pondichéry aux Francophonies en Limousin
« Par tes yeux », un voyage main dans la main avec la jeunesse du monde entier aux Francophonies en Limousin
Lisa Bourzeix

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *