Théâtre
Seras-tu là ? De Solal Bouloudnine : tout commence et tout finit avec Michel Berger

Seras-tu là ? De Solal Bouloudnine : tout commence et tout finit avec Michel Berger

03 février 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Puisque rien ne dure vraiment, si vous êtes un professionnel de la culture, ruez-vous sur ce spectacle tragiquement drôle où la prise de conscience de la fragilité de la vie se transforme en variété des années 90.

Message personnel

Solal Bouloudnine est un génial comédien qui nous a souvent fait rire à la table des Chiens de Navarre. Cette fois-ci, il joue un seul en scène pas si seul. À l’écriture et à la mise en scène de ce presque stand up, il est accompagné de Maxime Mikolajczak et Olivier Veillon.

Alors, pourquoi faire un spectacle seul ? (à part pour faire plaisir à sa mère juive ?). Hein ? Pourquoi ? Pour faire rire les gens ? Non, ça c’est un dommage collatéral, car oui, il vaut mieux en rire. Non, la vraie raison est eschatologique, rien que ça. La raison tient en plusieurs questions : « Pourquoi je ris ? Pourquoi je pleure ? » Bref à quoi sert la vie puisque ça finit à chaque fois ? Et c’est ce point-là qui, depuis ce 2 août 1992, obsède Solal. Michel Berger meurt, à 44 ans, d’une crise cardiaque, à deux mètres de la maison de vacances de ses parents à Ramatuelle. Solal a 6 ans, onze mois et 20 jours et vient de comprendre que la mort peut être brutale en plus d’être inévitable.

« Heureux valeureux comme tout »

Ce spectacle commence par la fin et finit par le milieu, ça vous pose un cadre. Et à la fin, c’est-à-dire au début nous sommes dans la chambre d’un petit garçon en 1992. Draps Schtroumpfs, Stickers Tortues Ninja ou Charly et Lulu, rien ne manque. Lui est habillé en joueur de tennis au tee-shirt et au short ultra tachés. Progressivement et images d’archives à l’appui, on remonte le fil. Au fur et mesure, on comprend que la pièce n’a rien de superficiel et léger. Il n’est question que de Solal en fait.

Et Solal Bouloudnine est du genre structuré. Il tient le rythme de ce spectacle où il change de personnage chaque minute, mais toujours de son point de vue. Ses amis, son père chirurgien (scène mythique d’opération à ventre ouvert sur un énorme ours en peluche), Patrick Bosco, une institutrice et une secrétaire de vie (ce serait long à expliquer)… Il se promène dans un jeu de rôle à lui seul, avec la distance nécessaire qui permet au rire d’exploser.

La pièce est formidable, parce qu’il est toujours drôle de rire de la mort, et peut être aussi parce que c’est au milieu de nos vies que l’on finit par commencer à comprendre un peu… le début.

Jeudi 4 et vendredi 5 février à 15h au Monfort Théâtre, sur réservation auprès du service de presse.

Visuel : affiche

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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