Cinema

L’amour amer de la famille Wolberg

02 décembre 2009 | PAR Yaël Hirsch

La réalisatrice Axelle Ropert plonge dans l’humour amer d’une famille juive ashkénaze. Ancrée, comme il se doit autour du pater familias – qui est aussi le maire d’une petite ville de province française- « La famille Wolberg » est une comédie woodyallenienne à la Française. Avec le regretté Jocelyn Quivrin dans le rôle de l’amant goy.

 

Simon Wollberg (François Damiens) est un homme comblé : maire de sa ville, père de deux adolescents et très amoureux de sa jolie femme (Valérie Benguigui), il sait manier le verbe et tout le monde le respecte, y compris son père. Mais l’arrivée de son beau-frère, et  l’annonce d’un maladie mortelle, d’une liaison de sa femme viennent ébranler le cocon Wollberg. Personne ne sait que Simon est condamné et toute la famille essaie de dire avec amour, mais non sans dureté au patriarche que son règne a pris fin.

Sous le fin vernis de la comédie, la Famille Wollberg est un film d’une tristesse infinie. Qu’autant d’humour et de désespoir coéxistent est bien caractéristique du monde ashkénaze qu’Axelle Ropert recrée (sans sources autobiographiques) en Province française. Très caractéristique de cet humour est la scène où Simon le notable et son beau-frère, l’artiste parviennent enfin à se parler à coeur ouvert. Simon s’en sort par une pirouette de vérité en s’exclamant « je suis cuit » et imitant le cuicui des oiseaux. Drôle de réplique, dans tous les sens du terme, pour un homme dont les aïeux ont disparu dans les crématoires. La vivacité des dialogues, la fraîcheur des deux enfants, et l’amour moqueuromniprésent dans la famille Wollberg, où les pires rixes, se retournent en farces familales (Léopoldine Serre, et Valentin Vigourt) font rire. Mais le patriarche condamné qui n’arrive même pas à agiter le fantôme de sa disparition pour qu’autour de lui, les rangs se resserent…  La force du film est d’éviter les clichés communautaires en créant ce climat résolument tendre et amer.

 

La famille Wolberg, d’Axelle Ropert, avec François Damiens, Valérie Benguigui, Jocelyn Quivrin, Serge Bozon, Léopoldine Serre, et Valentin Vigourt, France , 82 min, sortie le 2 décembre 2009.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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