Théâtre
Psyché au Théâtre les Déchargeurs

Psyché au Théâtre les Déchargeurs

20 juin 2011 | PAR La Rédaction

Deux danseurs, un violon, un décor minimal… Une économie de moyens qui rend encore plus évidente la magie et la force du mythe de l’amour pur et éternel.

La talentueuse Magali Lesueur met en scène « Psyché » au Théâtre les Déchargeurs : une heure de spectacle intense, vibrante, qui traduit corporellement l’histoire mythologique de la belle princesse Psyché et de son amant secret, Eros, le dieu de l’Amour.

La pièce est en deux parties : dans la première, on assiste à la rencontre des deux protagonistes. Les gestes lents, langoureux et souvent symétriques deviennent intemporels, dans l’interprétation d’un sentiment amoureux éternelle.

Après un bref entracte, la deuxième partie du spectacle est caractérisée par la présence constante de Psyché, presque tout le temps seule sur scène ; ses mouvements deviennent beaucoup plus énergétiques, agités, frénétiques. Après avoir dévoilé l’identité divine de son amant et avoir ainsi causé sa fureur et sa fuite, Psyché devra affronter les nombreuses épreuves complotées par Aphrodite. Jalouse de sa beauté, elle la fera errer jusqu’aux Enfers, à la recherche de son amour perdu, Eros. Mais un ange aux grandes ailes blanches sauve la princesse et la protège, en accompagnant ses pas … il la guidera vers l’Harmonie, l’Amour, l’Immortalité, grâce à la musique et à la danse.

Mis à part le mythe, son symbolisme et ses redites néo-platoniciennes, ce qui est étonnant dans cette représentation est l’intensité des gestes des danseurs, et leur harmonie avec les notes sublimes du violoniste, qui ne quitte jamais la scène.

Le travail chorégraphique est long, minutieux et attentif ; il implique fortement le spectateur. En outre, tous ces effets sont encore davantage mis en valeur grâce un petit expédient scénique. Au dessus de la porte d’accès à la salle à gauche du plateau, un petit écran projette les images du spectacle, filmé par une caméra posée face à la scène. De cette façon, ces derniers peuvent choisir si regarder directement les danseurs sur scène, ou bien suivre le spectacle sur l’écran. Les résultats sont ceux d’un élargissement optique de la scène, assez petite en réalité, et d’un sens conceptuel de l’éloignement qui est bénéfique au caractère intemporel de l’histoire.

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La Rédaction

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