Théâtre

Printemps arabe au théâtre de l’odéon

Printemps arabe au théâtre de l’odéon

22 mars 2011 | PAR Christophe Candoni

Olivier Py peut se féliciter d’avoir toujours les portes grandes ouvertes sur le monde. Parce que la langue, le poème ne se soumettent à aucun clivage, à aucune frontière, la programmation parallèle du « Présent composé », toujours diverse et enrichissante, propose des manifestations en tout genre, des lectures, des rencontres publiques, des concerts… pour créer du discours à côté de la saison théâtrale. Depuis deux ans,  le théâtre de l’Odéon a une programmation Printemps arabe durant laquelle il a reçu entre autres Mahmoud Darwich. En réaction à l’actualité du mois de janvier dernier, de nombreux artistes, écrivains et intellectuels du monde arabe avaient répondus à l’invitation pour parler de la liberté en mouvement en Tunisie. Cette fois, c’est la littérature qui sera mise à l’honneur car Olivier Py confessait il y a peu dans une interview aux Inrockuptibles « J’ai un regret : ne pas avoir fait entendre la langue arabe plus tôt à l’Odéon ». Ce début avril comblera ce manquement avec « Le poème, terre de la langue arabe » du 6 au 8 avril à la découverte d’une anthologie de la poésie arabe (poème préislamique, chanson populaire, poésie rythmique, improvisation…) sur des chemins de traverse entre l’Orient et l’Occident.

Wissam Arbache s’occupera de la conception et de la mise en forme de la manifestation à laquelle participeront Arnaud Aldigé, Jean-Damien Barbin, Hala Omran et Moneim Adwan, et explique ainsi ce qu’il souhaite faire de ce « Printemps arabe » : « Mon projet de parcours croisés au travers d’une terre baignée de son poème résonne étrangement aujourd’hui. L’Histoire brise dans le monde arabe des certitudes qui nous semblaient figées. Elle nous interroge au travers de ces peuples. Elle déploie un faisceau de sens dont l’immédiateté biaise l’analyse. Elle propose du pur présent. Alors, le programme de cette deuxième escale a naturellement changé. Comment ne pas entendre le poème qui maintenant s’inscrit. Les poèmes qui déploient ce présent et qui seront «de l’histoire». Aussi, avons nous cherché à contacter ces poètes anonymes ou reconnus pour donner à entendre cette parole, ces paroles. De Tunisie en Lybie, nous tentons, en ce moment, de recueillir les poèmes qui se sont écrits au cours des dernières semaines. Les poèmes mais aussi les slogans, les ironies que ces évènements nous proposent. Et comme on dit que cette révolution est une révolution « facebook», il me semble indispensable de donner à entendre  ce qui s’y est propagé, que ce soit les poèmes, les chansons, les histoires, les commentaires et l’humour. Les trois soirées de cette deuxième escale tenteront d’être l’écho de ce présent.»

(source site de l’Odéon)


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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III).Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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