Théâtre
« Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes » de Charb au Théâtre de l’Oulle [Off Avignon 2017]

« Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes » de Charb au Théâtre de l’Oulle [Off Avignon 2017]

19 juillet 2017 | PAR Elie Petit

Dans Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, pamphlet que le dessinateur de Charlie Hebdo, Charb, acheva d’écrire 2 jours avant l’attentat qui frappa la rédaction le 7 janvier 2015, Gérald Dumont décortique, responsabilité après responsabilité, les acteurs du développement du vocable « islamophobie » et de son corollaire, l’accusation portée à ceux qui critiquent l’Islam et contre ceux qui en usent à des fins extrémistes.

En rejoignant le théâtre de l’Oulle, une chose est frappante : la présence policière sur la place et devant l’entrée de la salle. Fusil en bandoulière pour certains, les CRS veillent et discutent avec les spectateurs qui attendent le début du spectacle qui fait grand bruit depuis la première des cinq soirées consacrées à ce texte.

A l’entrée, on distribue le dernier Charlie Hebdo, Macron, Trump et leur 14 juillet en couverture. « Je l’ai déjà, je suis abonné » répond un spectateur. Un autre le prend volontiers. Une fois assis, on assiste à une succession de mini-sketchs des célèbres créatures du dessinateurs, Maurice et Patapon. Ils font rire le public, par leurs observations et leurs exclamations.

Ensuite, place au texte, proclamé par Gérald Dumont accompagné de musique, tantôt swing, tantôt tango ou italienne, et de caricatures de Charb. Le débat est posé. Autour de la question de l’utilisation du vocable « islamophobie », des procès en « islamophobie », des procès tout court.

Charlie Hebdo, fer de lance de la critique des extrémistes dans la presse française a pendant des années été critiqué, attaqué pour ses dessins, jusqu’à être victime de l’attentat du 7 janvier qui décima sa rédaction.

Dans ses paroles posthumes, Charb revient sur ces années et analyse le terme et aussi ceux qui ont contribué à le populariser : les tenants de l’islam politique, dans un détournement de la cause antiraciste, les journalistes, avides de buzz et les politiques, singularisant les musulmans.

La mise en scène est discrète, ponctuée de vidéos, étayant le propos. Le ton est passionné. Dumont explique être pris par les sentiments et jouer chaque soir, à leur gré.

Le spectacle est applaudi. La salle n’est pas complètement remplie. Il est vrai que l’on joue à 23h30 mais pourtant…

La représentation est suivie d’un débat en présence, ce soir-là, de Marika Bret de Charlie Hebdo, de l’humoriste Mathieu Madénian qui y publie une « carte postale » chaque semaine ainsi que de l’historien de la caricature de presse Guillaume Doizy et le premier directeur de théâtre à avoir programmé la pièce, au Luxembourg.

Passé un historique du dessin de presse, les questions se succèdent : comment résister ? Comment en est-on arrivé à avoir besoin d’une présence policière? Quelle responsabilité à l’avènement des réseaux sociaux?…

On finit en partageant un verre et les dernières nouvelles du journal et de la cause qui a réuni tant de français après les attentats de janvier 2015. La lecture cherche de nouveaux lieux où se représenter, après les écoles et médiathèques dans lesquelles il s’est produit ces derniers mois. C’est tout le bien qu’on lui souhaite.

Plus d’informations sur le site du théâtre de l’Oulle : http://www.theatredeloulle.com/charblettre-aux-escrocs-de-lislamophobie-qui-font-le-jeu-des-racistes/

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Elie Petit
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