Théâtre
Les répétitions du « Souper des cendres » ont commencé au Théâtre de la Reine blanche

Les répétitions du « Souper des cendres » ont commencé au Théâtre de la Reine blanche

06 juillet 2020 | PAR Julia Wahl

Il s’agit d’un texte non théâtral, peu connu en France : Le Souper des cendres, un dialogue philosophique de Giordano Bruno, condamné à mort en 1600 pour avoir affirmé que l’Univers était infini. Un texte riche et dense, dont la précision scientifique n’empêche pas l’humour. 

Mettre en scène le dilemme de Giordano Bruno

Une chaise, une contrebasse, un acteur et un musicien : le plateau, cet après-midi, est encore bien dépouillé. C’est que les répétitions n’ont commencé que depuis trois jours et que chacun, selon la formule du metteur en scène Laurent Vacher, « apprend à marcher ». Lui-même a coupé sans pitié dans le long dialogue du scientifique. Avec pour objectif de mettre en évidence le tâtonnement scientifique à l’origine de cette certitude : le monde est infini. Et rendre compte du dilemme du scientifique italien, vivre et faire mourir son œuvre ; mourir et laisser son œuvre vivre.

Un langage musical

Ces premières heures de travail sont donc, à l’instar de la démarche scientifique de Giordano Bruno, faites de tâtonnements. L’entrée en scène des inquisiteurs fera l’objet d’un récit porté par le comédien Benoit Di Marco, qui incarne Giordano Bruno. S’il scande le nom de chacun des hommes qui le mèneront au bûcher, il les ponctue d’une appréciation qui suffit à les réduire à néant : « Connais pas » ; « un sourd et une taupe » ; « dangereux menteur ». Des remarques malicieuses que le musicien, Philippe Thibault, accompagne par la création d’une partition propre à chacun de ces « juges », pour nous faire entendre la lourdeur de l’un ou le ridicule de l’autre. Une forme d’écriture musicale à la Prokofiev, qui nous replonge dans le Pierre et le loup de notre enfance.

Une esthétique du dépouillement

Si, lors des représentations, Benoit Di Marco sera équipé d’un micro HF, le metteur en scène insiste pour que son usage soit léger. Le décor, de son côté, sera spartiate. La chaise sera simplement remplacée par un billot. L’idée, dans cette économie de moyens, est de rendre compte du dépouillement de la  cellule de Giordano Bruno pour mieux faire entendre sa voix.

Le Souper des cendres jouera du 5 novembre 2020 au 16 janvier 2021 au Théâtre de la Reine blanche.

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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