Théâtre
Le Moustique au Théâtre du Passage vers les étoiles

Le Moustique au Théâtre du Passage vers les étoiles

17 avril 2013 | PAR La Rédaction

Etre un moraliste sans être moralisateur : c’est ce défi qu’Eric Wiener semble vouloir relever en écrivant Le Moustique. Cette courte pièce de théâtre, mise en scène par Salomé Mandelli et Herman Delikayan, est actuellement à l’affiche du Théâtre du passage vers les étoiles, dans le 11ème arrondissement de Paris. Alors, l’intrigue et les acteurs parviennent-ils en effet à parler des hommes et de leurs travers sans être « sentencieux ni moralisateur » ?

Le Moustique est une satire qui met en lumière les petits travers des individus, des familles et plus généralement des êtres humains. De quoi s’agit-il ? Un homme (Didier Forest) et une femme (Isabelle Akian) atteignent à deux la cinquantaine, et ils s’arrangent comme ils peuvent de leur vie de couple. On les voit sur scène, dans leur chambre, au milieu d’un décor réduit au minimum. L’homme est un alcoolique discret qui a promis de ne plus boire, un mari fidèle qui convole en douce avec sa secrétaire ; et la femme est le stéréotype de l’épouse angoissée qui exige des explications… Rien de bien neuf, donc, dans ces personnages du mari un peu menteur, de la femme un tantinet hystérique ; mais ils permettent une représentation théâtrale du couple qui reste toujours un filon comique efficace.

C’est l’apparition du troisième personnage (Steva Botti) qui met à jour les faux-semblants et les mensonges : ce personnage est un grand moustique de noir vêtu, cravaté de rouge, doué de la parole. Avec un art méphistophélique, il va révéler la médiocrité de l’homme, la crédulité de la femme, et va même jusqu’à prédire la fin de cette race humaine qui se croit supérieure et massacre l’environnement. L’idée de ce moustique est plaisante, mais, une fois la surprise passée, cette courte pièce d’une heure ne brille pas forcément par son originalité. Cela dit, elle ne tombe pas pour autant dans l’écueil du discours sentencieux et les situations qui se mettent en place prêtent à sourire – on peut parler par exemple de ce moment où le mari rentre discrètement dans la chambre de sa femme après une nuit mouvementée, et qui, bien sûr, est attendu de pied ferme.

Mais, la pièce dans sa construction manque de souffle et d’ampleur. L’intrigue ne démarre jamais vraiment et, malgré des dialogues habiles, l’ensemble devient un peu bavard et les révélations du Moustique redondantes. La pièce se termine avec la disparition de l’insecte qui était bien réel mais un peu dérangé : on retrouve le personnage typique du fou qui dit une vérité bien plus profonde que les sages du monde ; mais enfin, on aurait préféré que son intervention prenne place dans une véritable histoire. Il faut néanmoins saluer la performance des acteurs, et en particulier de Steva Botti : il joue une partition difficile et met en place un jeu qui lui permet d’incarner le rôle de l’insecte manipulateur sans discontinuer. Au final, Le Moustique est une pièce de théâtre qui offre une représentation encore une fois plaisante, dans une mise en scène sobre et juste, mais il se peut que son procédé finisse, un peu, par lasser…

Maxence Quillon

Plus d’infos
Auteur : Eric Wiener
Mise en scène : Salomé Mandelli et Herman Delikayan

Dernières représentations les 20 et 28 avril 2013 à 18h30.

Tarifs 15€ sur Billetréduc.

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