Théâtre

Laurent Pelly met en scène des Funérailles d’Hiver fort drôles au Théâtre du Rond-Point

15 novembre 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jusqu’au 11 décembre, Laurent Pelly met en scène une pièce de l’auteur israélien Hanokh Levin. « Funérailles d’hiver » est une   blague juive sur l’amour et la mort, montée avec cynisme et humour.

Sur son lit de mort une mère très en forme parle à son fils faussement distant dans un décalage total. Si elle meurt aujourd’hui, elle ratera  demain le mariage de sa nièce Vélvétisa. Son fils lui fait la promesse que toute la noce reportera la fête pour assister à ses funérailles. Mais du côté des familles des futurs mariés, personne ne l’entend de cette oreille.

Les comédiens excellents dans ces huit tableaux burlesques où la folie succède à la folie avec une mention particulière à Christine Murillo aux arguments imparables pour ne pas rater le mariage du siècle. Il faut dire, 400 invités et 800 poulets ce n’est pas rien ! Elle empoigne le groupe, décide, agit en meneuse, faisant des deux futurs époux deux écervelés au potentiel comique évident.

De ce texte fabuleux, véritable blague juive de deux heures où l’on se rit avec tendresse du malheur des autres , Laurent Pelly fait une mise en scène basée sur une utilisation contemporaine de la lumière. Les néons et les lampadaires nous font voyager à Tel Aviv , des immeubles à la plage, en passant par…L’Himalaya ! Les très beaux décors jouent des lignes dans des dégradés de gris lumineux. Il fait nuit, c’est l’hiver, la brume envahit l’espace. Les comédiens apparaissent comme des marionnettes, parfois au sommet d’un pic, dont la silhouette répond aux découpages qu’imposent le décor.

Ces choix scénographiques cantonnent le jeu dans le champ uniquement comique, les aspects tragiques de la situation restent en survol. Cette sensation est initiée par les changements de décors très lourds, pensés sous une forme hyper classique. La tension à son comble à la fin de chaque tableau s’écroule à chaque tomber et lever de rideau plombé par une musique d’attente redondante. Qu’importe, cette version de Funérailles d’Hiver est une pièce, et cela est rare, absolument tout public, drôle sans être vulgaire, divertissante sans être idiote. Un très bon moment qui permet de découvrir un texte de cet immense auteur dans une mise en scène aux accents contemporains très appréciables.

Funérailles d’hiver, du 6 novembre au 11 décembre, 21h, le dimanche à 15h, Théâtre du Rond-Point, 2bis avenue Franklin D.Roosevelt, 75008 Paris, 0144959821, plein tarif 34 €, tarif réduit 20 euros.

Photo Brigitte Enguerand

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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