Cinema

Rétrospective Peter Watkins au Reflet Médicis à partir du 1er décembre

15 novembre 2010 | PAR Sonia Ingrachen

L’œuvre du réalisateur britannique Peter Watkins fera l’objet d’une rétrospective au Reflet Médicis à partir du 1er décembre. Ce sera l’occasion de voir ou revoir les œuvres de ce cinéaste dont les films sont rarement présents sur les écrans français. Sa filmographie était ressortie de l’ombre en 2004 lors d’un hommage remarqué qui lui avait été rendu au Festival international du Film de la Rochelle puis en 2005 lors de la projection de sept de ses films au Jeu de Paume.

Le Reflet Médicis projettera 12 films de l’un des réalisateurs les plus anticonformistes du vingtième siècle. Celui qui n’a eu de cesse de jouer avec les frontières entre la fiction et le documentaire, est resté longtemps absent de la télévision comme des salles de cinéma depuis que la BBC l’a banni au milieu des années 60 à cause de The War Game (La Bombe). Réalisé en 1965, le film avait été commandé par la chaine, Peter Watkins devait réaliser une simulation crédible des lendemains d’une attaque nucléaire sur l’Angleterre. Le film très documenté, réaliste et effrayant sur plusieurs aspects ( les hypothétiques réactions gouvernementales par exemple) a effrayé le gouvernement britannique qui a interdit sa diffusion pendant plus de vingt ans, via des pressions sur la BBC.
L’œuvre de Watkins n’a eu de cesse de critiquer la guerre et ses formes de violence : les bombardements et le totalitarisme, les violences policières et les injustices.
Anticonformiste, contestataire de l’ordre et surtout militant de la paix, Peter Watkins se révèle être un cinéaste qui a montré tout au long de ses films son engagement politique. En 1979, il réalise Punishment Park dans lequel il remet en cause la politique de Richard Nixon. Plus récemment, il dénonce la manipulation des médias et leur traitement des événements de la Commune ( La Commune).
Les médias sont la bête noire du réalisateur. Au cours de sa carrière, il n’a eu de cesse de critiquer le système des Mass Media, pointant du doigt aussi bien le fond que la forme. C’est ce qu’il nomme le Monoforme : « La télévision a imposé des structures narratives totalitaires à la société sans que nul ait eu le temps de réagir, à cause de sa rapidité, de son arrogance et de son côté mystérieux. C’est ça, la « monoforme » : un torrent d’images et de sons, assemblés et montés de façon rapide et dense, une structure fragmentée mais qui donne l’impression d’être lisse. », telle est la définition des médias selon le cinéaste.
Enfin, à cette critique des représentations, s’ajoute une remise en question de la forme même de ces images. Ses documentaires mélangent la fiction à des éléments qui renvoient à l’envers du décor et au processus de création (câbles, perches, projecteurs). Ses premiers documentaires souvent mal perçus par le public et les critiques, utilisaient déjà des nouveaux outils de narration (la voix off, le son direct, la caméra à l’épaule).

« Peter Watkins est un phénomène. Un champignon rare dans une époque vénéneuse. Une comète récurrente dans le ciel pâle du cinéma contemporain. Un génie sans doute… A coup sûr un honnête homme. Et c’est le grand mérite de cet homme-là que d’avoir survécu à presque tout. Physiquement, intellectuellement et artistiquement. Des bombardements de la Luftwaffe aux assauts conjugués de la bêtise, du conformisme et de la censure (…) en quarante ans de carrière insolemment libre, il nous livre une poignée de films cultes, et une furieuse indépendance. » (Jean-Pierre Le Nestour, extrait de l’introduction du livre Médias Crisis de Peter Watkins).

Liste des films diffusés pour la rétrospective:
– Journal d’un soldat inconnu (1959) (amateur – GB – 17mns)
– Visages Oubliés (1960) (amateur – GB -18mns)
– La Bataille de Culloden (1964) (GB – 1h15)
– La Bombe (1966) (GB – 47mns)
– Gladiator (1969) (Suède – 1h45)
– Punishment Park (1971) (USA – 1h30)
– Edvard Munch (1973) (Norvège, Suède – 2h52)
– Force de frappe (1977) (Danemark – 1h50)
– Le Libre penseur (1994) (Suède – 4h30)
– La Commune (Paris 1871) (2000) (France – version originale – 5h45, version courte – 3h30)
– GRUTO PARK – Collectif « Rebond Pour La Commune » 2001
– L’HORLOGE UNIVERSELLE, la résistance de Peter Watkins – documentaire de Geoff Bowie – 2000

Le Reflet Médicis, 3 rue Champollion, 75005 Paris. M° Luxembourg/Cluny La Sorbonne/ Saint Michel

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Sonia Ingrachen

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