Théâtre

L’âge des comptoirs, concert théâtral et poétique sur l’adolescence

06 octobre 2010 | PAR Elise Arnould

Dans le cadre du festival « Un automne à tisser », le Collectif Hic et Nunc, en co-réalisation avec le Théâtre de l’Épée de Bois présentent  « L’âge des comptoirs  » jusqu’au 15 octobre.Le temps du collège, celui du lycée, celui des premières amours, premières cigarettes, première sbières. L’âge des comptoirs évoque les aléas, les espoirs et les doutes de l’adolescence. Il vous y plonge oscillant entre douceur, violence, et déclinant tous les désirs. Un regard tendre et sincère sur ces expériences adolescentes universelles que sont la séduction, les soirées, les amis, les interrogations et, bien sur, les heures passées au café.

Stanislas Grassian, metteur en scène, fait le pari ambitieux et risqué de distribuer les rôles à contre emploi.  Des acteurs adultes (dont l’auteur) d’âges extrêmement différents se retrouvent face à face incarnant des adolescents d’une même génération. Le fossé des années qui les séparent de leur personnages et les uns des autres crée un décalage troublant. Si l’on reste parfois en retrait, le texte toujours saisissant de vérité nous rattrape et nous entraine dans des moments sans âge, seule la criante vérité de l’expérience commune reste.

Un regard double, celui de l’adolescent que l’auteur a été avec le recul de l’homme qu’il est aujourd’hui. Un angle qui permet une profondeur et une ironie sur soi-même. Courtès joue avec les mots, accélère le temps, puis le ralentit à l’extrême. Dans un triptyque mettant en scène les trois personnages, il donne ainsi à l’anecdotique bouton d’acné une place prépondérante. Ce détail traité avec humour empli l’espace et l’importance qu’elle prend sur scène fait écho à celle qu’elle prend dans l’esprit d’un collégien.

L’image des adolescents s’approche d’une réalité, ils sont multiples, oscillant entre énergie et léthargie, plongés dans une urgence face au présent et surtout face à l’avenir : « Quête d’un point ultime, balise d’une vie vers quoi tendre avec tendresse, pugnacité et alacrité, vite construire de nouvelles balises, naviguer de l’une à l’autre faire de sa vie une longue traversée peuplée de jalons lumineux. » De ce spectacle on retiendra surtout le texte et la voix de Jacque Courtès qui développe une avidité à écrire, à aimer, à désirer, à exulter, à hésiter, à se lancer, à regretter avant de se poser pour repartir plus tard indéniablement identique et différent.

Du 30 septembre au 15 octobre, Les jeudi et vendredi à 21h, Les vendredi 8 octobre et 15 octobre, L’âge des comptoirs sera suivi de Carnet d’enfance de Jacques Courtès.Prix des places : 20 € plein tarif / 14 € tarif réduit.

Mon premier festival, 6ème édition du cinéma jeune public, du 27 Octobre au 02 Novembre, à Paris
Au revoir Colette Renard
Elise Arnould

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *