Théâtre

Eurockéennes 2009 : bête de festival

07 juillet 2009 | PAR Charlotte

Quelques 95 000 barrés se sont réunis ce week-end à Belfort pour assister à la 21ème édition des Eurockéennes. Avec une programmation éclectique et pointue, le festival avait misé sur la diversité pour satisfaire un public le plus large possible grâce à quatre scènes et une étendue du site adéquate. Rock, electro, reggae, hip-hop, pop et chanson française ont fait la joie d’un public surexcité durant les 3 jours du festival sur la presqu’île de  Malsaucy.eurockeennes-vueduciel
La richesse des Eurockéennes réside en sa capacité à réunir des publics a priori antinomiques. Ainsi au détour d’une allée ou d’une file devant un bar, on croise des Parisiennes frangées insupportables en bottes Aigle comme des gothiques en imper à la Highlander, des moins jeunes, souvent locaux, avec chaussures de marche et appareil photo fixé à l’œil, des banlieusards crocodilés ( qui ont visiblement réussi à s’extirper du centre commercial dans lequel ils vivent), … Véritable marché du jeune, ce festival largement sponsorisé par Kronenbourg et Coca-Cola (qui n’ont pas perdu le nord) est aussi un lieu d’échange multinational où suisses, français, anglais et allemands se mélangent harmonieusement malgré les quelques vannes de bonne guerre entre neutres éternels, crados de légende, rosbifs et boches.

Ambiance garantie au camping qui a accueilli la moitié des participants pour une vingtaine de sanitaires sous un cagnard sans ombre (dont je suis revenue saine et sauve afin de vous faire partager cette expérience extraordinaire). Au milieu de ce troupeau de tentes Quechua, les festivaliers équipés comme des trappeurs de compétition ont programmé la fête en before et en after, autrement dit non-stop avec barbecue, pâté-cornichon et bières chaudes façon garden party prolo.
Bref, « le cadre était sympa, les gens était sympas et l’ambiance était sympa », mais qu’en était-il des concerts ? Résumé sélectif des 3 jours :

vendredi 3 juillet :

La rencontre électro de Vitalic en Dj set, Danton Eeprom et Shonky  au camping du festival ayant mis en jambe les premiers arrivants la veille, les festivaliers ont débuté leur périple musical par l’addictif groupe belge Ghinzu. Invités du festival il y a 3 ans, les cinq flamands n’ont pas eu l’occasion d’user de leur génie à cause d’une coupure générale d’électricité qui a eu lieu en plein concert, annulant tout espoir de pouvoir s’extasier sur quelques morceaux des excellents « Blow » et «  Mirror Mirror ». Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les Yeah Yeah Yeah ont récupéré un public déçu mais sont parvenus à lui redonner la pêche grâce à leur rock-grunge animal mené par Karen, la chanteuse ultra-sexy du trio.
brealChangement de style avec Cypress Hill, le mythique groupe hip-hop californien a fait taire les irréductibles fan de NTM grâce à des tubes planétaires tels que « Tequila Sunrise » ou encore « Dr Greenthumb » dans un nuage de fumée pétardesque.
Retour à la scène rock avec les Kills toujours aussi suggestifs qui ont livré un show torride grâce aux moues sensuelles d’Alysson alias VV qui aurait de quoi faire pâlir d’envie la modasse Kate Moss. Savant mélange de garage, de punk et de rock doublé d’une boîte à rythme the Kills a rendu le public tout chose et c’est avec regret que nous nous sommes arrachés du champ des sirènes pour nous diriger vers la représentation énergique du trio barré Naïve New Beaters. Kitsch à souhait et ultra sympathiques, ces parisiens à l’accent californien ont soufflé un vent de peps et de bonne humeur communicative sur une assistance très réceptive. Leur cru électro-pop groovy a prouvé qu’il fallait les prendre au sérieux malgré leur goût douteux en matière de choix vestimentaire, confirmant le potentiel de «  Wallace » leur premier album sorti il y a peu.
Changement d’ambiance avec l’immanquable Prodigy qui n’a pas failli à sa réputation en offrant à la foule un «  Smack My Bitch Up » devenu mythique dans le monde électro. A la fois rôdé et spontané, leur concert a 866986521secoué le public en transe, rendant les fans encore plus accros et les sceptiques anti-électro dubitatifs. Loin d’être sur le déclin comme le confirmaient des rumeurs durant ces derniers mois, le duo a mis la fièvre à 30 000 festivaliers déjà bien usés par les précédents concerts pas franchement reposants.
Après une pause bar indispensable (sic), Kap Bambino est parvenu à insuffler une dernière bouffée d’énergie aux festivaliers encore debout grâce à son electro pop dansant et à sa chanteuse déjantée. Originaires de Bordeaux, ce couple qui se fait  de plus en plus remarquer s’est révélé comme une des bonnes surprises de l’année et a confirmé vendredi soir qu’il allait continuer à faire parler de lui sur la nouvelle scène electro française.

Samedi 4 juillet :

Levée aux aurores par mes bruyants congénères sous acides, la programmation alléchante de ce samedi a grandement nourri ma motivation pourtant sérieusement amochée. Début de journée avec l’hypissime Solange la Frange, composé de trois suisses touche-à-tout à la fois stylistes et musiciens se révélant être la bonne surprise de ce festival qui a pourtant l’habitude de ne prendre aucun risque niveau programmation. Livrant un son trash électro-punk, le groupe est arrivé sans prétentions, déclarant d’emblée : «Je viens de bosser sur un chantier de démolition pour pouvoir croûter», pas de chichis, le contact s’est fait cash. Promesse tenue pour SLF qui cherchait à se faire connaître en France en débarquant à Belfort avant la sortie de leur premier album prévu pour début 2010, à découvrir absolument !

groundation-smallS’en est suivi sans transition Groundation toujours en forme et désormais légendaire, plongeant la foule dans un nuage reggae aux échos roots, mélangeant avec subtilité dub et jazz. Les 6 californiens, menés par le très charismatique Harrison Stafford, ont sorti un album intitulé « Here I am » en juin dernier, confirmant leur dynamisme en matière de créativité. Live planant et public réactif , Groundation à Belfort, c’était énorme man. Grosse descente avec un Tricky très décevant, nous sommes tombés encore plus bas avec l’affligeante Olivia Ruiz, affublée comme une romanichelle et dont la voix nasillarde a du donner des relents de houblons aux quatre coins de la scène où de pauvres festivaliers s’étaient égarés.

yuksek1Toujours très professionnels, l’affrontement avec Pete Doherty et sa horde de groupies pré-pubères fut tout aussi désespérant. De reprises en reprises des Libertines, le rocker à la sauce Voici n’a rien apporté de plus qu’un exemple flagrant des dégâts que peuvent causer les excès en tout genre entre autre le syndrome joues de hamster et la bedaine so british, mais pourquoi fait-il une carrière solo ? Pour mieux pouvoir se suicider au beurre de cacahuète ? Sur cette question existentielle, le périple festivalier s’est poursuivi avec un Kanye West comme toujours sapé comme un lord , entourée de danseuses nues peintes d’or ( la grande classe ) dont la voix robotisée imitant lamentablement les Daft Punk a résonné de manière monocorde durant une longue heure, nourrissant les files des bars alentours à la vitesse de l’éclair. Fort heureusement, après un passage éclair par la scène où s’illustrait la pop accrocheuse des Passion Pit regrettablement empiétée par le mégalo Kanye, des notes yuksekiennes ont apporté un grand soulagement général transformant en l’espace de quelques instants la pelouse jaunie en un dancefloor très club. Toujours aussi canon, le discret enfant prodige de la scène électro française a mis le feu avec brio même si le tout faisait un tantinet scolaire. Mélangeant tubes et dernières productions, Yuksek a confirmé son intention de poursuivre sur la voie du succès à l’aide de ses doigts de fée.  Mais le véritable clou de la soirée était l’arrivée de Birdy Nam Nam, toujours aussi énorme depuis leur virage plus ciblé dancefloor avec le brillant « Manual for a Successful Rioting » d’ailleurs produit par Yuksek et Justice.

Dimanche 5 juillet :

stuckinthesoundshoegazingkidsMoins en forme mais toujours d’attaque, le dernier jour du festival a débuté avec un mal programmé Stuck in the Sound : 15 h, troisième jour de cagnard c’est presque du suicide scénique. Heureuse surprise, le public était au rendez-vous, réceptif et bien décidé à profiter de cet excellent groupe dont les textes sont tissés d’instants de vie affreusement banals mais finement décrits, le tout sur des mélodies tubesques. Ragaillardis, la curiosité nous a mené jusqu’au frêle Sliimy qui, après avoir fortement buzzé ces derniers temps en assurant la première partie d’un des concerts de Britney Spears lors de son passage en France, est loin d’avoir été sensationnel : servant du sous-Mika grossièrement édulcoré, pas sûr que sa dégaine rachitique survive jusqu’à l’année prochaine sur la scène musicale. Par contre, pas de déception concernant Phoenix qui ont tenu leurs promesses. Grosse tête d’affiche du festival, les quatre versaillais se sont illustrés toujours avec classe offrant à leurs fans un grand nombre de morceaux de leur nouvel album à la sauce Strokes sortie en mai dernier ainsi que quelques anciens tubes indémodables. Virage violent avec le très attendu Slipknot , dont la masse de fans a du effrayer les quelques personnes qui étaient restées après Olivia Ruiz parce que « l’ambiance était sympA ». Le célèbre groupe de métal américain n’a pas failli à sa réputation en offrant aux spectateurs un show satanique, où masques et décors effrayants laissaient entendre que le groupe ne faisait toujours pas dans la dentelle.

Fatigués mais satisfaits, la rentrée à Paris a laissé entendre des envies de retour sous l’épaisse couche de crasse festivalière et les coups de soleils.  Pas de doute, l’année prochaine c’est festivoche.

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Charlotte

5 thoughts on “Eurockéennes 2009 : bête de festival”

Commentaire(s)

  • arht

    mouais tu ne serais pas vaguement prétentieuse ? raciste limite ? en plus pour y avoir été tu ne connais pas grand chose a la musique on dirait. (l’orthographe non plus on dirait)

    juillet 8, 2009 at 14 h 00 min
  • Julien

    Ca, ça ressemble tout à fait aux commentaires de planqué que je retrouve sur mon site qui n’ose pas mettre leur nom de peur qu’on s’en prenne à eux, et qui vont laisser trainer les fautes d’orthographe pour que tout le monde les vois et qu’ils ont raison.

    Quand on traite de raciste, on développe, on explique. Même chose pour prétentieux. Développe. Et en quoi elle ne s’y connait pas. On t’attend Zorro

    juillet 8, 2009 at 15 h 19 min
  • J&B

    C’est vrai que « Le caadre était sympaa, l’ambiaaannnce était sympaa, les geeeennnns étaient sympaaaas!! »
    En gros, un festivoche super flex et über cool!

    juillet 8, 2009 at 21 h 09 min

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