Théâtre
Ecrire de Marguerite DURAS, au Théâtre de l’Atalante

Ecrire de Marguerite DURAS, au Théâtre de l’Atalante

25 septembre 2011 | PAR Emma Letellier

Dans la salle confidentielle et chaleureuse du Théâtre de l’Atalante, Tania Torrens incarne Marguerite Duras sous la direction de Jeanne Champagne, jusqu’au 7 octobre.

En 1993, cinquante ans après la parution de son premier roman, Marguerite Duras a « voulu tenter de parler de ça : Ecrire ». Elle s’adresse alors à Benoît Jacquot et à sa caméra.

Mais hier soir, dans la pénombre d’une salle de spectateurs , c’est à nos yeux que Tania Torrens représente la maison de Neauphle-le-Château , le silence de ses murs, les arbres de son parc, les enfants du groupe scolaire et leurs jeux bruyants sur le lac gelé. De sa voix tranquille et pénétrante, elle trace calmement les contours du geste salvateur et primordial, jusqu’à nous découvrir qu’il lui a « fallu vingt ans pour écrire ça que je viens de dire là »,  que ses « livres sortent de cette maison », « De cette lumière réverbérée de l’étang ». Confident improvisé de la solitude créatrice, chacun assiste, comme privilégié, à l’éclosion de l’évidence longtemps dissimulée : « Ecrire c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait ». L’ensemble du spectacle est suspendu à ce vacillement implacable : « Le doute, c’est écrire ».

Et la conversation se poursuit, un verre de vin rouge à la main, entre la chaise et le bureau, près de la machine à écrire. Les romans sont évoqués, les moments d’écriture rappelés, une promenade dans le temps s’organise, cadencée par la bande son de Bernard Valléry. La voix de Michael Lonsdale ponctue la remémoration en hurlant le « Je reste » du Vice-consul de France à Lahore. Et sans l’avoir entendue, chacun murmure l’India song. La douleur, l’inquiétude, la menace d’une absence soudaine, le combat qui se joue dans l’acte d’écrire…  cela est donné dans la précision du souffle et la saisissante présence de Tania Torrens. « Il faut être plus fort que soi pour aborder l’écriture, il faut être plus fort que ce qu’on écrit. » car « l’écrit, c’est les cris des bêtes de la nuit ».

Une heure de projection donc, dans la solitude essentielle de Marguerite Duras et l’ombre d’une bobine de film, grâce aux efforts concertés de grands maîtres de la scène théâtrale.

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Emma Letellier

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