Théâtre
« Dreamers » de Pascal Rambert, songe électrique

« Dreamers » de Pascal Rambert, songe électrique

20 novembre 2021 | PAR Clémence Duhazé

Embarquez pour le pays des rêves dans Dreamers, proposée par Pascal Rambert dans le cadre du Festival TNB. Cette création, réalisée avec les élèves de la promotion 10 de l’Ecole du TNB, relate sous la forme d’une pièce chorale les songes des jeunes acteurs et actrices, quelque part entre convoitises et châtiments.

 

Rêve et réel

Le décor est particulièrement simple, rappelant parfois un appartement étudiant vidé de ses meubles, mentionné d’ailleurs comme étant le cadre de l’intrigue morcelée de la pièce. Cet espace permet l’évasion dans le monde du rêve, donnant également la place aux vingt acteurs d’envahir la scène, avec des mouvements lents, reflets d’un onirisme calculé. La musique appuie cette hybridation entre rêve et réalité, passant de l’écho de basses entêtantes entendues lors d’une soirée jusqu’aux notes de piano jouées par l’un des élèves, accompagnant le chant des acteurs. Les lumières finissent de nous emmener dans cet univers fantasmé, appuyant la nostalgie de l’enfance, la moiteur des rêves érotiques et la terreur des cauchemars. 

Reflet de nos débats intérieurs

« La mort rôde et veut dévorer la jeunesse » énonce l’un des acteurs. Voilà le véritable sens de nos rêves, incarnant toujours nos propres questionnements, désirs et nos propres peurs. Les comédiens s’interrogent sur leur jeunesse et le sens qu’ils lui donnent durant cette période si particulière, où les festivités et l’effervescence des corps sont, par intermittence, mises sous cloche. Le texte martèle cette idée, proposant une interprétation en parallèle avec le sacrifice d’Isaac, image biblique où l’enfant est finalement sauvé. Passant par l’horreur comme si elle était nécessaire, qu’en sera-t-il des personnages de Dreamers ?

Nous entrainant dans une spirale qui rappelle nos propres songes, Pascal Rambert propose une réflexion sur les générations suspendues entre études et monde professionnel. Le texte forme comme une ritournelle qui emprisonne les spectateurs, utilisant parfois des allégories bien connues pour arriver à ses fins. La poésie tranche finalement, à l’image de cette réplique magnifique, mêlant une fois de plus la matérialité de la peau aux chimères de la rêverie : « Je donne mon corps à l’eau et aux étoiles.  » 

 

Dreamers de Pascal Rambert. Durée : 2h.

A retrouver au Festival TNB du 20 au 27 novembre 2021.

Visuel : © Gwendal le Flem

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Clémence Duhazé

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