Théâtre

[Critique] « Marcel » aux Bouffes du Nord : De la clownerie avant toute chose

[Critique] « Marcel » aux Bouffes du Nord : De la clownerie avant toute chose

12 février 2015 | PAR Matthias Turcaud

Le Hollandais Jos Houben et l’Italien Marcello Magni, tous deux compagnons d’armes de Peter Brook, nous proposent un spectacle à l’intrigue plus que maigre, mais dans lequel ils parviennent, lors de certains moments de grâce, à redonner au gag toute sa noblesse et sa poésie conjuguées.

[rating=3]

L’intrigue de Marcel est anorexique : le personnage éponyme doit y passer plusieurs tests en vue d’obtenir un poste quelconque dont on ignorera la nature jusqu’à la fin du spectacle. Il y est soumis à l’attention d’un testeur très inquiétant, susceptible d’évoquer l’Inquisition médiévale ou la STASI de la RDA.

Ce flou total concernant l’objet exact de l’ « audition » particulière de Marcel, l’absurdité de l’administration mise en scène ainsi que le décor très énigmatique peuvent faire penser à l’univers oppressant d’un Kafka, mais le spectacle est surtout l’occasion d’un festival de gags, assez rudimentaires – personnages qui se cognent -, ou plus sophistiqués – Marcel qui mime dans une folle logorrhée gestuelle tous les sports qu’il pratique afin de montrer à celui qui le questionne qu’il se maintient en forme physiquement.

Si tous les gags du spectacle – assénés avec un certain systématique n’ont pas toujours provoqué chez nous la même hilarité, certains moments nous ont touché par leur coloration étrange, et leur poétisation – Marcel, virtuose maladroit, se languissant tout à coup de la lune, matérialisée sur scène, et objet elle aussi d’un gag, tendre, et parlant avec chaleur de La Strada de Fellini.

Puis, composante classique du burlesque et du clown mais atout fiable de ces genres, l’association et l’opposition de deux personnages – l’un italien ; l’autre hollandais qu’on avait pu apprécier l’an dernier dans Re : Walden – et de deux corps burlesques complètement antagonistes – un grand baraqué, et un petit maigre – fonctionne avec bonheur.

Crédit photos : ©Pascal Victor / ArtComArt

Marcel, de Jos Houben et Marcello Magni, aux Bouffes du Nord. 

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Matthias Turcaud
Titulaire d'une licence en cinéma, d'une autre en lettres modernes ainsi que d'un Master I en littérature allemande, Matthias, bilingue franco-allemand, est actuellement en Master de Littérature française à Strasbourg. Egalement comédien, traducteur ou encore animateur fougueux de blind tests, il court plusieurs lièvres à la fois. Sur Toute La Culture, il écrit, depuis janvier 2015, principalement en cinéma, théâtre, ponctuellement sur des restaurants, etc.Contact : [email protected]

One thought on “[Critique] « Marcel » aux Bouffes du Nord : De la clownerie avant toute chose”

Commentaire(s)

  • TURCAUD Marie

    quel cirque de faire le clown par profession alors que la vie est déjà un cirque par nature !

    février 13, 2015 at 7 h 34 min

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