Théâtre
Avignon OFF : Partez devant, Le Grand Cerf Bleu en mode amour impossible

Avignon OFF : Partez devant, Le Grand Cerf Bleu en mode amour impossible

15 juillet 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Grand Cerf Bleu est un collectif que nous aimons d’amour fou. Il dresse des portraits de société toujours truculents et ultra-contemporains. Ça ne loupe pas avec Partez devant qui se donne à la Manufacture.

La Manufacture est, avec le 11 et le Train bleu, le lieu du spectacle vivant. C’est donc naturellement que Laureline Le Bris-Cep y propose cette programmation issue du collectif Le Grand Cerf Bleu « Satellite ».

Cette fois-ci c’est un peu Rohmer au XXIe siècle. Simon et Clara ont plus ou moins trente ans et vivent en collocation. Rien de plus entre eux ? Pas sûr, mais ils ne veulent pas l’entendre. Pourtant ils ne sont rien l’un sans l’autre. Lui est casanier, bouquine Pessoa, elle est pleine de vie, ils se complètent bien.

Ils jouent au milieu de nous, et nous sommes au milieu d’eux, pris à partie, nourris, sollicités. Adrien Guiraud et Juliette Prier s’amusent des accidents et des interactions, et nous, on se marre fort.

Souvent on dit que les artistes ont du nez pour sentir le temps présent. C’est Vincent Baudriller qui dit cela tout le temps, que « les artistes ont une relation sensible au monde ». Et c’est complètement fou de voir ce spectacle qui parle des relations entre les garçons et les filles mais aussi du sens de leur vie quelques heures après qu’Emmanuel Macron ait prononcé la phrase la plus méprisante de sa mandature : « On doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu’en restant chez soi », Bernard Arnault appréciera.

À ce moment de leur courte vie, eux deux n’ont pas envie de savoir ce qu’ils veulent faire  : travailler ou rester chez soi, alors ils déambulent dans le théâtre comme ils errent dans la vie, entre soirées, balades, discussions et incompréhensions. Et c’est bien de leur âge !

Au milieu d’eux, on partage leur vie, tellement crédible qu’on se demande si tout cela n’est pas vrai. La direction d’acteurs est en ce sens parfaite, car leur distance avec leur personnage vient du fait qu’ils semblent ne pas jouer.

Le ton est sarcastique, cynique et drôle, et le fond est, lui, très sérieux !

À La Manufacture jusqu’au 15 juillet à 12 h 05 puis du 20 au 23 septembre à l’Aire Libre et du 18 au 22 octobre au Théâtre de L’Union

Visuel : © Elodie Le Gall

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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