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[Cannes 2021] Jour 9 : Farhadi et Baker en compétition, Audiard et Amalric en Cannes Première

[Cannes 2021] Jour 9 : Farhadi et Baker en compétition, Audiard et Amalric en Cannes Première

15 juillet 2021 | PAR La Rédaction

Ce mercredi cannois a été une journée dense de projections. C’est aussi le jour du Palmarès de la Semaine de la critique. Suivez-nous.

Par Yaël Hirsch et Geoffrey Nabavian

À 10 heures, encore une fois dans le cadre du Cineum, l’on a commencé par s’offrir un voyage improvisé en Roumanie, en goûtant à Mi iubita, le tout premier long-métrage réalisé par l’actrice Noémie Merlant, et interprété par elle également. Démarrant comme un road-trip entre filles à l’étranger filmé sur le vif, il amène ses héroïnes à découvrir une partie de la communauté gitane roumaine, où un amour va naître. Un film avec pas mal de souffle.

À 11 h 30, en salle Lumière nous rattrapions le film en compétition Un héros d’Asghar Farhadi, le réalisateur iranien d’Une Séparation, du Passé et du Client. Le film met en scène la manière dont un prisonnier pour dettes, Rahim (Amir Jadidi) se retrouve propulsé héros après avoir rendu un sac rempli d’or qui aurait pu l’aider. Mais la célébrité attire les convoitises et ne permet pas de conserver l’essentiel. Un film minutieux creusant les personnages comme seul Farhadi sait le faire et qui parle de la rumeur avec les réseaux mais de manière intemporelle pour toucher à quelque chose d’essentiel : l’honneur.  

À 13 heures, autre voyage, offert en salle Luis Bunuel, sensément dépaysant mais un peu classique en fait : on s’est lancé dans le film La Panthère des neiges, version en film du récit de voyage écrit par Sylvain Tesson, avec donc à l’écran Sylvain Tesson et le photographe animalier rompu à tous les exercices, Vincent Munier. Un film présenté dans le cadre de la section spéciale Cannes pour le climat, aux belles images un poil classiques.

À 14 heures, en salle Debussy, c’est sur la Bulgarie qu’on portait « Un certain regard » avec le très beau film de Mina Mileva et Vesela Kazakova, Women do cry. La projection a eu lieu en présence de l’équipe du film et nous a fait entrer dans le quotidien de deux filles, de leur mère et de leurs trois tantes : autant de parcours de femmes qui se répercutent, chacune par la vie qu’elles vivent. C’est vivant, la photo est magnifique et les sujets graves sont pris à bras-le-corps sans qu’il y ait jamais d’impudeur. Enfin, le regard que la caméra pose sur chacune de ces femmes est riche et jamais objectivant. Un très beau film.

À 15 h 30 c’était la montée de marches de l’équipe de Sean Baker, le réalisateur de Tangerine, pour le film Red Rocket. Sur une note très pop culture des années 1990 « Bye bye » des NSYNC, on arrive avec le héros, Mike, quasiment à poil et dans un sale état, à Texas City, sa ville d’origine. Il revient chez son ex-femme et sa mère pour se poser après 20 ans de carrière dans le porno à Hollywood. Le film dépeint avec des plans au cordeau et une photo parfaitement acidulée la manière dont le Mike, incarné par l’égérie vine du porno gay Simon Rex, retrouve ses marques… Une histoire de loose bien filmée mais tellement peu à vif ou révélatrice qu’on s’ennuie copieusement. Pop pour pop, on préfère quand ça pétille et nous ouvre plus de fenêtres sur le monde… 

À 18 heures, on a pu se lancer, dans la salle Aurore du Cineum, avec sièges bien inclinables, dans le nouveau film d’Arnaud Desplechin, Tromperie, adapté d’un roman de Philip Roth et tourné en période de confinement. Premier intérêt de cette balade énergique, brillante, parfois un peu complaisante dans ses dialogues mais tout de même assez prenante : l’un des deux personnages principaux – représentant peu ou prou Philip Roth lui-même – est interprété par Denis Podalydès, face ici à Léa Seydoux. Qu’a-t-on besoin de rajouter ?

À 18 h 45, on a pu demeurer un peu au Cineum pour tester son restaurant, Chez le brasseur, affichant un imposant décorum rappelant les usines de brassage, avec cuves et machines visibles. Et bien sûr, des bières à goûter occupant une bonne part du menu, et s’affichant, aussi, sur les murs… On a choisi de tenter un plongeon dans l’un des cocktails à base de boisson ambrée, le Détective, accompagné d’une andouillette. Expérience très concluante.

À 19 h 45, place à l’adaptation de la pièce Je reviens de loin de Claudine Galea par Matthieu Amalric. Dans Serre-moi fort, le réalisateur de Tournée et Barbara filme en fragments éclatés Vicky Krieps et Arieh Worthalter en couple avec deux enfants brisés par une terrible disparition. L’image est belle, mais le côté décousu et le texte en voix off nous perdent facilement dans un tel labyrinthe de chocs émotionnels que nous, face à la montagne blanche, on ne ressent rien. Sortie française le 8 septembre.

À 20 h 30, c’est Jacques Audiard qui passe en Cannes Première avec l’adaptation de trois nouvelles de l’auteur américain Adrian Tomine qui magnifie le 13e et son côté underground : Les Olympiades. Dans un noir et blanc lustré, il raconte les attirances, sentiments et surtout passions sexuelles de quatre jeunes parisiens incarnés par Lucie Zhang, Makita Samba, Noémie Merlant, Jehnny Beth. L’image est belle, mais les dialogues ne passent pas et la froideur de ce quatuor hypersexualisé et filmé avec toute la verticalité que les tours du quartier inspire nous laisse de marbre.

Cette soirée du mercredi 14 juillet était également marquée par la clôture de la Semaine de la critique qui a remis son palmarès. Le Jury de la 60e Semaine, présidé par le réalisateur Cristian Mungiu a attribué le Grand Prix Nespresso à Feathers, d’Omar El Zohairy. Le film de clôture était Une histoire d’amour et de désir de Leyla Bouzid et à partir de 22 heures, une fête, avec une jauge limitée par la situation sanitaire, avait lieu à la médiathèque Rothschild. La Semaine de la critique a pu fêter en dansant une 60e édition de toute beauté s’achevant, sur les pentes vertes du grand parc de la médiathèque éclairée de mauve – avec, dans les premiers instants, le feu d’artifice de la Fête nationale scintillant au-dessus des arbres – avec un DJ set très convivial alternant tubes pop et électro détendue, qui s’est achevé par un « Purple rain » chanté par tous. Le cadre idéal pour siroter une margarita ou un cocktail paloma confectionné par Casamigo, ou encore une bière artisanale.

Visuels : YH et GN

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La Rédaction

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