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Réouverture de l’enquête (sonore) de La Pérouse à la Pop

Réouverture de l’enquête (sonore) de La Pérouse à la Pop

22 novembre 2018 | PAR Loïs Rakotonoera

Sombre et lumineux, tragique et comique, réel et imaginaire… Ce sont toutes ces oppositions que nous retrouvons dans la poésie sonore L’Affaire La Pérouse, présentée dans le cadre du festival Mesure pour Mesure, d’Anne-James Chaton et du bruiteur Manuel Coursin. Une expérience sonore et visuelle qui vous laissera stupéfait.

Mais que sont devenus l’Astrolabe et la Boussole, les deux navires de l’expédition du comte de La Pérouse ? Anne-James Chaton, poète sonore, que l’on ne présente plus dans ce milieu, et Manuel Coursin nous entraînent, pendant un peu plus d’une heure (qui file à tout allure), sur les traces de cette expédition, partie de Brest en 1785 pour ne plus jamais en revenir. Cette mystérieuse disparition a conduit à de nombreuses recherches au fil des siècles et encore aujourd’hui. Même s’il est désormais certain que La Pérouse s’est échoué, trois ans après son départ, à Vanikoro, dans l’archipel des Iles Santa Cruz, en plein océan Pacifique, le mystère reste entier.

Anne-James Chaton et Manuel Coursin enquêtent alors, en utilisant tous les outils à leur disposition et sollicitent tous les sens du spectateur, avec un jonglage de lumière et d’obscurité, avec des micros, des enregistreurs et bien d’autres. Plongé à quelques moments dans un noir presque complet, l’ouïe est en éveil et il est lors possible de fermer les yeux pour écouter cette poésie-enquête. Puis, sans pouvoir le distinguer tout de suite, un épais brouillard se dissipe dans la pièce. Les deux explorateurs du son et des matières plongent le spectateur dans l’univers de la navigation. Et quoi de mieux qu’un spectacle de naufrage sur l’eau, à bord de la Péniche qu’est La Pop, pour l’immerger complètement.

Pour nous conter cette mystérieuse enquête, la voix puissante d’Anne-James Chaton, tantôt âpre, tantôt fluide, résonne et remplit entièrement la pièce. Pendant ce temps, pour fabriquer chaque épisode de cette poésie sonore, Manuel Coursin manie des matériaux bruts, y compris le rhum mais aussi des éléments inattendus comme un sac de riz. C’est de ces manipulations d’objets, ainsi que d’instruments de musique et de théâtre, que la fiction se met en place. Car, c’est de là que vient toute la singularité de cette performance : elle est sonore, visuelle et aussi physique.

Le spectateur est à la fois plongé dans une histoire de navigation, une enquête policière et une tragédie mystérieuse. La musique a toute sa place dans cette exploration car elle fait partie intégrante des différentes pistes que les deux artistes sondent pour revisiter l’expédition de La Pérouse. Mais dans cette tragédie, le comique a lui aussi son rôle à jouer pour résoudre cette enquête. Le poète joue alors sur les mots et c’est le cas de le dire. L’enchaînement d’une même phrase avec tous les synonymes possibles et inimaginables est tout simplement drôle et absurde à la fois.

Chaque épisode examine alors une hypothèse pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à ces deux cents hommes. Ont-ils subi un piratage ? Ont-ils été attaqués par un monstre des mers ? Ou serait-ce la colère de Poséidon qui aurait causé leur perte ? Rendez-vous du 23 au 25 novembre à la Péniche la Pop, située en face du 61 quai de la Seine (19e arrondissement) pour le savoir.

Le 23 et 24 novembre à 19h30 et le 25 novembre à 16H30.

Visuel : CHATON Anne-James Photo Catherine Helie:© Gallimard

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Loïs Rakotonoera

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