Performance
L’intrigant After All Springville de Miet Warlop au théâtre Paris-Villette

L’intrigant After All Springville de Miet Warlop au théâtre Paris-Villette

28 juillet 2022 | PAR Margot Wallemme

Une des créations de Miet Warlop, plasticienne et scénographe Belge, a été programmée par le festival Paris l’Eté au théâtre Paris-Villette. After All Springville, relevant de la performance plutôt que du théâtre tout public, est un spectacle intrigant, drôlement absurde et déstabilisant. Plus esthétique que bavarde, c‘est une pièce-expérience, un tableau vivant qui fait discuter et divise le public. 

Un monde tragiquement enchanté 

De la fumée colorée, un décor en carton, une ville peuplée de personnages farfelus, c’est l’univers de Miet Warlop. Parmi les objets qui se baladent sur la scène, une table aux mollets galbés, un sportif de 3 mètres, un compteur électrique qui fait des étincelles, une boîte au périscope curieux, autant de choses amusantes et surprenantes.

Les évènements se succèdent, les accidents sont plus fous les uns que les autres. Chaque personnage possède son trait de personnalité, on s’attache quelques minutes à l’objet humanisé avant qu’il ne s’écroule sous la force d’une obsolescence programmée trop tôt.

De la fumée, des pétards, des feux d’artifices, des boudins gonflables, ça part dans tous les sens, tout se délite, tout explose de vie puis meurt. Et soudain la maison s’éventre devant nous, ses entrailles envahissent le public. Springville éclate en suivant un rythme lent et pesant, la communauté aux mille couleurs s’effondre, rien ne fonctionne dans cette société perverse, tout s’écroule. 

L’effondrement de Springville

Mais que se passe-t-il ? Le public n’est pas toujours convaincu, on ne comprend tout de suite où tout cela mène, ce que ça veut bien dire. On regarde Springville s’effondrer assez interloqués. C’est une performance esthétique, artistique, visuelle ; et sportive aussi, pour les comédiens qui mettent à l’épreuve leur corps. Mais est-ce une métaphore de nos façons de vivre ? Une histoire d’apparences pailletées trompeuses ?

Les différences s’observent, se battent, pour finalement crever une par une. La boîte trop curieuse est mutilée par un homme sadique et meurtrier, la table supporte la charge des autres et survit péniblement jusqu’à s’écrouler. C’est la complexité caractéristique des créations de Miet Warlop dont l’univers est à découvrir. 

 

Visuels : ©Reinout Hiel

 

Le plan de Fabrice Rose : les épines de la vengeance
Julien Gosselin tend « Le Marteau et la Faucille » au théâtre Paris-Villette
Margot Wallemme

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture