Performance
Ouverture du festival Actoral : Jour 1

Ouverture du festival Actoral : Jour 1

10 septembre 2022 | PAR Rachel Rudloff

Du 9 septembre au 9 octobre, le festival international Actoral (arts et écritures contemporains) se tient à Marseille. Toute La Culture vous emmène dans ce week-end d’ouverture qui se déroule entièrement au MUCEM. Retour sur le jour 1 du prélude, vendredi 9 septembre. 

Pièce distinguée N°55 – Amore Mio, La Ribot 

Pour la conception de la 55e pièce de cette série de performances, la chorégraphe suisse et espagnole La Ribot a choisi le Mucem comme lieu de création. Le couple Piera Bellato et Juan Loriente nous propose une performance brutale sur l’esplanade du Fort Saint Jean, dans la lumière tombante du coucher de soleil. 

Vêtus entièrement de blanc, comme des statues, ils s’avancent sur une bâche installée au sol, autour de laquelle le public est assis par terre. La peinture blanche – ou l’absence de couleur – devient l’élément central : Juan Loriente en couvre sa partenaire dans un spectacle frénétique, parfois violent. 

Se servant de l’environnement sonore et lumineux, la performance réfléchit sur l’architecture : celle des villes, mais aussi celle des corps, puisque les interprètes deviennent à leur tour une matière malléable, nourrie par le vent, le soleil couchant, les oiseaux qui passent. 

De cette performance physique impressionnante – alternance de mouvements brefs, concis et de poses longues et incommodes -, l’on retient le feu, que la performeuse crie face aux ciel « fuego fuego », ce feu qui brûle en nous et dans toutes les œuvres d’art. Mais, malgré la prouesse physique indéniable, on reste sur notre faim, exclu de ce voyage transcendant : le duo, fermé sur lui-même, nous laisse à l’écart de cette intimité et l’on se retrouve rapidement distrait et distant. 

Amore Mio, La Ribot, nouvelle performance samedi 10 septembre à 19h15, durée 40min (MUCEM). 

This Song Father Used To Sing – (3 Days in May), Wichaya Artamat

Qui n’a jamais été obligé, dans un moment de réunion familiale, de faire la conversation à un frère, une sœur, un parent ou un cousin avec qui il ne pensait rien avoir en commun ? Wichaya Artamat choisit le moment et le lieu du deuil, pour parler de cette impossibilité à communiquer et des liens qui persistent malgré tout. 

De longs silences, des questions posées en boucle… Cette comédie poétique et sensible interroge les barrières que provoque le langage dans les moments de deuil. Un frère, se rêvant comédien et une sœur, fan de yoga et de cuisine, pensant ne rien avoir à se dire se retrouve ensemble à veiller leur père. 

S’ils ne parlent pas ou parlent peu, ou plutôt ne disent pas grand-chose d’eux, leur complicité (re)naît autrement : faire à manger, boire du thé ou de la bière, fumer. Avec humour et délicatesse, la mise en scène sert le propos : le décor est simple, mais parlant. La fenêtre à barreaux épais qui évoque une prison s’ouvre à la moitié de la pièce, les lumières tamisées se font plus lumineuses. Pendant 1h30, la scénographie simple va chercher le mouvement dans l’immobilité : le décor ne change pas, mais des détails interviennent pour y mettre du dynamisme (une boule disco, des bulles…). 

Le père – dont la présence constante est matérialisée par une troisième chaise vide autour de la table – est le seul lien entre ces personnages que tout oppose. Au fur et à mesure de la pièce, ils se rencontrent à travers lui, évoquant chacun la version idéalisée qu’ils en avaient, comme si parfois les relations ne tenaient qu’à un être. 

This Father Used To Sing – (3 Days In May), Wichaya Artamat autre représentation dimanche 11 septembre 17h, durée 1h40 (MUCEM). 

Au bout du monde en Auto-Stop, Orion Lalli

Ce n’est pas vraiment un spectacle à proprement parler mais on ne peut pas passer à côté de la performance de l’artiste, Orion Lalli. Déguisé en Aviateur et caché dans un avion, il propose au spectateur une nouvelle façon de découvrir le MUCEM. Embarqué avec lui à la recherche de ses souvenirs, cachés un peu partout dans le musée. Persécuté au Brésil pour son homosexualité et son militantisme contre le VIH, il est réfugié politique depuis 1 an, son travail s’accorde surtout autour d’objets du quotidien et ses souvenirs d’enfance, qu’il révèle petit à petit. 

Au bout du monde en auto-stop, Orion Lalli, performance samedi 10 septembre à 17h, toit du Mucem. 

Visuel : affiche officielle du festival Actoral et images des dossiers de presse.

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Rachel Rudloff

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