Opéra

« Un bal masqué » sans fausse note par Angers Nantes Opéra

« Un bal masqué » sans fausse note par Angers Nantes Opéra

19 mars 2019 | PAR Sarah Reiffers

Angers Nantes Opéra s’attaque à Un bal masqué de Verdi et signe une soirée sans fausse note, en tournée à Nantes et Rennes jusqu’à début avril.

Après le Cendrillon de Massenet et L’opéra des gueux de John Gay, Angers Nantes Opéra s’attaque au génial Un bal masqué de Verdi. Composée en 1859, l’œuvre s’inspire d’un événement historique : l’assassinat du roi Gustave III de Suède en plein bal masqué. Verdi en tire une œuvre (romancée bien sûr) où les sentiments brillent sans sentimentalisme et où l’effort est demandé de tous les interprètes, qu’ils aient un premier ou un second rôle. Dimanche dernier à Nantes, Angers Nantes Opéra a livré une prestation sans fausse note, mêlant une mise en scène sublime et travaillée à une brochette de solistes aux voix puissantes et expressives.

Parlons mise en scène, justement. Waut Koeken y fait primer l’idée de théâtre dans le théâtre. Il flanque une scène en plein milieu et expose bien les coulisses autour, de sorte à ce que les spectateurs puissent voir ce qui leur ait habituellement caché : les manipulations, les machinations. Ce qui tombe à pique, pour une œuvre traitant (entre autres) de complot. Et puis de cette façon, Koeken renforce l’impression que les personnages ne sont que des pantins remplissant le rôle que le destin a choisi pour eux. Le metteur en scène truffe ses décors d’indices qui renvoient tous au tableau final, le bal, à la fin duquel Gustave, agonisant, sortira de scène au lieu de s’écrouler, tel un comédien ayant rempli son rôle. A ces décors somptueux vient se mêler une lumière tout aussi sublime (signée Nathalie Perrier) où les rouges, les oranges, les roses ou les bleus se fondent l’un dans l’autre pour le plus grand plaisir de nos yeux.

Mais un opéra ne serait rien si la qualité des interprètes et de l’orchestre n’était pas au rendez-vous. On retiendra tout particulièrement les prestations de  Monica Zanettin (portée en triomphe par le public) dans le rôle d’Amelia, de Hila Baggio dans le rôle d’Oscar et de Stefano Secco dans celui de Gustave III. Tous trois savent combiner la puissance de leur voix à une sensibilité qui porte les émotions de leur personnage sans sombrer dans le surplus d’expressivité, et donc sans affaiblir la sincérité de l’œuvre. 

Visuels : Jean-Marie Jagu

A Nantes au Théâtre Graslin mardi 19 mars et jeudi 21 mars à 20h. A Rennes (Opéra) dimanche 31 mars, mardi 2 avril, jeudi 4 avril et samedi 6 avril. Pour plus d’infos, cliquez ici.

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