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« Midi nous le dira » au Théâtre de la Reine Blanche : un espoir peut en cacher un autre

« Midi nous le dira » au Théâtre de la Reine Blanche : un espoir peut en cacher un autre

07 octobre 2020 | PAR Marine Stisi

La Compagnie Superlune présente jusqu’au 18 octobre la pièce Midi nous le dira au Théâtre de la Reine Blanche, écrite par Joséphine Chaffin qui signe également la co-mise en scène avec Clément Carabédian. Sur scène, Lison Pennec interprète Najda, une jeune femme aux portes de sa vie, qui saura, dans une heure tout juste, si elle intègre ou non l’équipe Espoirs du football féminin.

Un plateau dénudé, les mains moites de l’attente qui n’en finit plus et de l’énergie à en revendre. Najda a une heure devant elle. Une heure pour enregistrer une vidéo #myfutureself dans laquelle elle s’adresse à elle-même, dans 10 ans. Comme une manière d’exorciser son angoisse autant que de graver dans le marbre (ou dans le cloud) ce qui se joue là maintenant, qui elle est à cet instant T et dans quel monde elle évolue.

Et à cette heure, Najda n’a qu’un seul rêve : devenir footballeuse professionnelle. Celle à qui elle s’adresse, son Elle dans 10 ans, sait déjà si elle a été acceptée en tant qu’espoir. Elle dans 10 ans sait si elle a gardé au fond du cœur la vibration des débuts, la passion du ballon, la détermination sans limite dont elle fait preuve depuis des années.

Midi nous le dira est une pièce sur la persévérance et sur la passion. Entrecoupé de moments musicaux joués en live qui apportent une épaisseur au projet, le spectacle en dit aussi long sur les contraintes des femmes dans leur pratique sportive, et plus largement, allons-y franchement, dans leur choix de vie.

Difficile de ne pas penser à Pauline Bureau et sa compagnie La part des anges qui l’an passé, s’étaient intéressées dans leur spectacle Féminines à la toute première équipe de football féminine de France. C’était en 1968 à Reims. Najda, à quelques centaines de kilomètres de là et quelques années plus tard (à Saint-Malo en 2017, donc), est en quelque sorte l’héritière de cette bataille. Une bataille qui permet aux femmes de prétendre au foot, comme des hommes. Qui permet à une gamine de s’imaginer elle aussi à la place de ses idoles, sans contrainte (ou presque).

Car malgré tout, le chemin est plus long, plus sinueux, plus ambitieux dit-on, que si elle avait été un homme. Mais elle n’en démord pas : c’est le football qu’elle veut, et c’est le football qu’elle aura. De l’espoir donc, il y en a beaucoup dans cette pièce, au sens propre, comme au figuré.

Midi nous le dira, au Théâtre de la Reine Blanche jusqu’au 18 octobre 2020.
Du mardi au dimanche à 19h.
Tarifs : de 10 à 20€
Réservations : 01 40 05 06 96

 

Visuel : ©Michel Cavalca

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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