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Le MAIF social club accueille l’impulsivité de Ça raconte Sarah

Le MAIF social club accueille l’impulsivité de Ça raconte Sarah

15 décembre 2021 | PAR Elise Murat

Ça raconte Sarah, édité aux Editions de minuit en 2018 avait été très remarqué par la critique. Après avoir été distingué de plusieurs prix de la liste Goncourt,  le prix du roman des étudiants France Culture-Télérama ainsi que le prix du style en 2018, le premier roman de Pauline Delabroy-Allard se voit adapté en spectacle par le Théâtre variable, qui nous permet de découvrir  le temps d’un moment suspendu l’impasse d’un amour trop amoureux.

 Autour du spectacle

Pendant trois jours, le MAIF social club accueillait le Théâtre variable pour une lecture enivrante de Ça raconte Sarah, premier roman très remarqué de Pauline Delabroy-Allard, racontant l’histoire d’un amour (trop) passionné entre deux femmes. S’érigeant en pôle culturel, le MAIF social club est un lieu en constante évolution pour faire vivre au mieux les oeuvres qu’il accueille. Pour cette lecture mise en scène par Keti Irubetagoyena, on est d’abord accueillis par l’installation Dévoration de Pia Ribstein, un travail photographique sur le rapport au corps et la dévoration des rapports amoureux. Interactifs et taquinant la curiosité du spectateur, les fragments d’étreinte et objets à manipuler de l’expo constituent une précieuse mise en bouche pour le spectacle.

La simplicité au service des talents

Pour cette lecture performée, l’actrice Julie Moulier se tient sur une modeste estrade très près du public. Fondé sur une économie des moyens scéniques, le cycle trois du théâtre variable nº2 joue la carte du minimalisme : l’actrice dispose de deux tables, une chaise et quelques rares objets du quotidien qu’elle manipule harmonieusement tout au long de sa performance. Généreuse, la justesse de l’actrice transmet à merveille la passion vertigineuse de la narratrice pour Sarah, une violoniste trop libre, trop enjouée, trop vivante. Le récit est très rythmé par sa construction en paragraphes de plus en plus courts qui dénotent chaque moment précieux de cet amour qui consume la narratrice. D’apparence d’abord nonchalante, la lectrice cache en réalité une maîtrise exceptionnelle du texte qu’elle s’approprie au point de nous faire oublier l’exercice.

On se retrouve projeté la tête la première dans ce tourbillon vertigineux qui nous rappelle le réveil de la passion qui bouscule tout sur son passage, mais aussi de sa part d’ombre : qui dit passion dit souffrance. Pendant un peu plus d’une heure et demi, Julie Molinier nous fait rire, tomber amoureux puis sombrer en donnant corps à un texte d’une intensité rare, le tout rendu possible grâce à une mise en scène humble et réfléchie. 

Visuel : © Pia Ribstein

Le MAIF social club est ouvert toute la semaine profitez en pour visiter au 37 rue de Turenne, Paris 3e, avec entrée libre pour les expositions.

Retrouvez ici le livre de Pauline Delabroy-Allard : Ça raconte Sarah, Minuit, 192 p., 15 euros

 

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