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Matières à mijoter, le Maif Social Club concocte une bonne expo !

Matières à mijoter, le Maif Social Club concocte une bonne expo !

30 septembre 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Maif Social Club n’en fini pas de nous surprendre. Il y a encore 15 jours, il s’était transformé en salle des coffres à souvenirs et aujourd’hui, le voilà transfiguré en cuisine. On passe à table ?

Matières à Mijoter est donc la nouvelle exposition/expérience de ce lieu qui est à la fois un musée, un café et un cowork, le tout gratuit et au cœur du Marais. On a toujours la sensation que Chloé Tournier, la directrice du lieu et future directrice de la Garance, scène nationale de Cavaillon, est allée au bout de ses idées, mais non ! Après l’école, la fret ou l’habitat, nous voici donc de nouveau dans l’espace du Maif Social Club totalement réinventé en cuisine ouverte.

La commissaire AnneSophie Bérard a demandé à la scénographe Julie Rothhahn.de penser une mise en en scène autour de cette idée : matières à mijoter. Les matières, elles sont autant symboliques que réelles. La matière, cela peut être des aliments exposés comme les grains de riz que Samuel Saint-Aubin aligne avec obsessions, la semoule ou les pois chiches que sculpte Mehdi-Georges Lahlou, les épices de Laurent Mareschal qui deviennent un cercle cosmique, les pains (en apparence !) de Vincent Olinet, les fruits et légumes emprisonnés, éternels de Azuma Makoto. La matière elle peut être ici montrée par des images. C’est le cas du montage fait des photos de junk food de Martin Parr, du camion magique qui se transforme en cuisine merveilleuse de Martine Camillieri, et des vidéos des mains âgées de la grand-mère de Ymane Fakhir cuisinant.

Les matières se sont bien évidemment les ustensiles de cuisines. Ceux empilés et précaires de Subodh Gupta, et les assiettes prêtes à être gravées de Julie Genelin et Françoise Riganti.

L’ensemble est un parcours très existentiel. Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger disait l’autre. Et aujourd’hui près de 700 millions d’humains souffrent de la faim. Manger est politique, manger est culturel, manger est un acte social. A cela la scénographie très ludique de cette exposition permet un fil conducteur efficace : des cartels sur des torchons et des murs gradués comme les verres de pâtisserie.

On ne peut que vous conseiller de courir vous nourrir intellectuellement au Maif social club, mais pas que ! Pendant toute la durée de l’exposition, des performances culinaires ont lieu ! Par exemple ce week-end, autour de Matières à Mijoter, vous passez à table, deux par deux pour 13 à table. Il s’agit d’une expérience qui « résume » le travail d’un artiste exposé en une ou plusieurs bouchées pensées et cuisinées par le duo de jeunes chefs Création à la racine. C’est absolument poétique et délicieux ! 

 

Au Maif Social Club, 37 rue de Turenne, Paris 3e, entrée libre pour l’exposition qui se tient jusqu’au 29 janvier. Pour 13 à Table il faut vite réserver ici.

Visuel : ©Martin Parr / Magnum Photos

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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