Spectacles
L’avant garde est sur la ligne 13 du métro parisien

L’avant garde est sur la ligne 13 du métro parisien

27 mars 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Quiconque s’intéresse au spectacle vivant très contemporain doit prendre la ligne 13. T2G, Théâtre de Vanves, Théâtre Monfort. Pour voir ce qui se fait de neuf, vous devez aller au bout de la ligne.

Le XVe : place au futur

Le plus peuplé des arrondissements est un (presque) vide culturel. 0 musée, trois théâtres ( le Théâtre de la Plaine, le Théo Théâtre et le Silvia Monfort), deux salles de spectacles (Palais des sports de Paris et le grand Point Virgule).
Mais les temps changent. Récemment, le familial Théâtre Monfort ( Metro Porte de Vanves) a lancé un festival au terme éloquent : (Des)illusions. Et force est de constater que l’on y a vu de l’expérimental à prendre dans le meilleur sens possible. On pense à Mélissa Von Vépy, circassienne, trapéziste à la violence hypnotique qui ici, dansait une poupée de chiffon sanglée. On pense, à Ceux qui restent, qui est une bombe. Le spectacle vient dire l’histoire de deux enfants cachés. Se posait la question du vecteur et de la réception. On trouve ici un nouveau moyen de transmettre un récit historique, une autre forme de théâtre documentaire où le témoin est joué par un autre sans que cela sonne faux. Brillant et étonnant.

Bientôt, au mois de mai, le festival En transit prendra ses marques. Créé par le collectif Lautrie-Guilbert, il s’annonce comme une petite bombe de spectacle vivant. Cela se passera dans l’ancienne Gare Vaugirard (XVe) du 16 au 18 mai. En Transit est un festival de jeune création qui présente des projets qui ne sont pas encore produits et co-produits. Alice Mosca la co-fondatrice du collectif nous disait récemment en interview : « Ce que les artistes vont nous proposer en répondant à l’appel à projet c’est un spectacle qui existe déjà et qui a pu être montré en sortie de résidence. On achète les spectacles, on vient soutenir la création « .En Transit est ouvert à l’art vivant. « Comme on accueille le festival dans un lieu très particulier on a de l’extérieur, du théâtre déambulatoire. On va investir la gare qui se trouve sur la petite ceinture, dans une portion qui a déjà été aménagée en promenade verte. Le festival va s’inscrire dans un arrondissement étendu qui manque de lieux culturels. »On s’est rendu compte qu’il y avait un besoin d’un échange culturel social ».

L’appel à projet est lui ouvert, jusqu’au 31 mars

Le « T2G »

Sortez du métro Gabriel Peri, marchez 10 minutes en suivant les flèches designées par Buren, vous y êtes. Vous êtes au T2G, le Théâtre de Gennevilliers. Ce centre dramatique national a dans la voix de son directeur Pascal Rambert la mission suivante   « Le T2G se définit comme un lieu où l’art est pensé comme une expérience. » Chaque année, à la lisière de l’été, Le festival (tjcc), entendez la Très Jeune Création Contemporaine. Philippe Quesne ( prochain directeur du Théâtre des Amandiers de Nanterre), est aux manettes. On y voit de l’inédit et du surprenant. On se souvient d’y avoir découvert Marlène Saldana dans Dormir, sommeil profond, un spectacle où l’histoire de la France-Afrique se jouait au tennis. La performeuse a depuis rejoint les équipes des bons : Yves Noël Genod, Perez et Boussiron..La 7ème édition aura lieu du 26 au 28 juin.

Le Théâtre de Vanves

Pendant trois mois, de janvier à mars, Vanves bat au rythme de la danse et de la performance dans le cadre de son festival Artdanthé qui fait se déplacer le tout Paris des professionnels de la culture. C’est ici que la performeuse Laetitia Dosch teste un spectacle foutraque mais malheureusement raté sur la quête de soi. On a vu Emmanuel Eggermont convoquer  pour Vorspiel les arts plastiques, musicaux, théâtraux, chorégraphiques, architecturaux. Pour la scénographie, il s’est entouré d’une fine équipe composée d’un architecte, Germain Pluvinage, et d’une plasticienne, Elise Vandewalle. Pour l’interprétation, il a lancé des invitations à des artistes musiciens et comédiens dont la présence singulière colore chacun des opus : Mathieu Jerazak, Corinne Masiero, Mickaël Knockaert qui gravitent successivement autour d’un noyau dur formé par la danseuse sud-coréenne Jihye Jung et Emmanuel Eggermont lui-même. Beau et neuf.

Aller loin pour attirer un public pointu et spécialiste, telle semble être la ligne qui pousse les directions à montrer le best-of de l’actuel. Il y a cette nécessité d’offrir des spectacles très en lien avec le réel, qu’il soit sensation ou action. Au T2G, les habitants de la ville assistent aux répétitions. Au Monfort, un tarif spécial leur est accordé . L’avant-garde se mérite et, on le voit ici , est attractive. Salles pleines de professionnels et d’amateurs. Quitter le centre de Paris est une mission relevée par le spectacle vivant !

Retrouvez tous les articles de notre Dossier Avant-Garde ici.

Visuel : AU BEAU MILIEU DE LA FORÊT, Collectif Les Possédés ( du 13 au 17 mai) . ©Katja Hunsinger,

« Un » : Mani Soleymanlou en one man show identitaire au Tarmac
Les soirées du week-end du 28 mars
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *