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« Frissons », Magali Mougel et Johanny Bert font parler et danser la famille

« Frissons », Magali Mougel et Johanny Bert font parler et danser la famille

18 mars 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Qu’il est important de commencer tôt ! Quoi ? Le ski, la cuisine, le vélo? Non ! Voir des spectacles. L’Avant-Seine et Escales danse le savent et présentent en ce moment un conte dansé et parlé sur l’adoption pour les 4-5 ans. Vous avez dit mignon ? 

Il parait que rabâcher est utile. Alors, allons-y. Les théâtres sont fermés (mais les magasins de beauté ouverts, et les lieux de culte aussi). Bref. Il faut faire avec, et faire avec cela donne trois options : occuper les théâtres, jouer pour les professionnels et jouer dans les écoles.  Ce matin, pour nous c’était la troisième option. Nous voici dans une école maternelle et pas n’importe laquelle. Une école au beau milieu d’un jardin figurez vous ! Nous sommes à la maternelle Camille Claudel à Colombes.

Les  enfants de moyenne et grande sections sont assis autour du tapis de danse qui est arrêté par une immense pyramide de nounours rouges. Adrien Spone campe Yanis, un jeune garçon pour qui tout roule. Il a deux mamans, des peluches et des copains à l’école.  Il est « le grand », il est « tout seul ». Mais voilà que le couple veut agrandir le foyer et décide d’adopter un nouvel enfant. Yanis s’attend à un bébé et c’est un garçon de son âge, Elias (Vincent Delétang, qu’on a souvent vu danser ici ou ) qui débarque. Tempête et arrachage de tête de nounours en vue.

La danse est enveloppante. Elle est contemporaine et hip-hop, les bras sont généreux et guident le corps qui embarque la tête en rondeur. Au sol, les sauts se font plongeons, légers, doux. 

Comment faire de la place ? Accepter de partager ses parents ? Cela c’est une question que tous les enfants qui sont des aînés ou des benjamins se posent. Johanny Bert que l’on connait pour son travail marionnettique essentiellement est aussi metteur en scène. Il retrouve ici Magali Mougel après Elle pas princesse, lui pas héros. Eux deux travaillent à déconstruire les questions de genre et les groupes familiaux traditionnels. 

La pièce sort du domaine 100% chorégraphique; ça parle beaucoup. En off, il y a une petite voix; des ours, les mamans, les copines… Et les danseurs, à un moment, s’emparent de leur propre voix.

Le spectacle peut amener les enfants à deux réflexions : la première, qui est vraiment le cœur du propos est de montrer qu’il y a différentes façons de faire famille. La seconde est une réflexion sur la danse et la parole. Oui un danseur peut parler !

Le spectacle à défaut de tourner en salles  poursuit sa route remplie dans les écoles jusqu’au 23 mars.

Visuel : ©ABN

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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