Spectacles
Johanny Bert et François Chaignaud répètent d’un bout à l’autre de La Villette

Johanny Bert et François Chaignaud répètent d’un bout à l’autre de La Villette

23 juillet 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Nous vous parlions de Plaine d’Artistes il y a déjà trois semaines, cette belle initiative qui fait entrer le public dans les secrets des dieux : les répétitions. Jusqu’au 2 août, tout mais alors tout le Parc de la Villette est rempli de spectacles en cours d’écriture. Aujourd’hui nous sommes passés du Théâtre Paris Villette à la Halle aux cuirs, d’Une épopée jeune public à une Gold shower explosive !

Une journée de théâtre

Deux salles deux ambiances donc. Chez Johanny Bert, ça grouille. Il y a du monde sur scène. Il dirige comédiens, musiciens et techniciens de sa table ornée de chocolats au lait et de thermos. De là, le papa de Hen pense le placement, les intonations et lance : « encore une fois la scène ! ». On voit les choses se faire devant nos yeux, ce qui fait que dans quelques mois, lors de la première au Bateau Feu, Scène nationale Dunkerque le 3 octobre, avant une grande tournée qui passera par Paris et l’Île-de-France ( MC93 du 18 au 20 mars, Théâtre de la Ville du 4 au 9 mai et du 31 mai au 5 juin au Théâtre de Sartrouville), le fait qu’à ce moment-là donc, la Mère prenne son téléphone comme ça, eh bien « ça » aura été trouvé « là ». 

L’épopée porte bien son nom. C’est un spectacle en quatre actes pour quatre auteurs : Gwendoline Soublin, Catherine Verlaguet, Arnaud Catherine et Thomas Gornet.  Quatre auteurs pour sept comédiens : Sarajeanne Drillaud, Amélie Esbelin, Laetitia Le Mesle, Guillaume Cantillon, Nicolas Cornille, Côme Thieulin, Térence Rion  qui campent eux tous les personnages aux sons des boucles du compositeur et musicien en

scène Thomas Quinart.

Alors ça sent très bon cette histoire. Déjà, Bert est un génie de la marionnette et le bout de décor vu aujourd’hui laisse présager le meilleur : une maison en maquette sur une tournette, filmée en direct et dont la vidéo est projetée sur une autre maison-tente, à taille réelle elle. Elle accueille les comédiens, parfois en ombre chinoise. On sent qu’il sera question de conte initiatique, de héros et de grands secrets. 

L’idée géniale est de faire vivre aux enfants ce que les spectateurs du Soulier de Satin ( version Vitez ou Py) ou des Éphémères (Mnouchkine), ou de Gosselin ( tous !) connaissent bien : le temps long. 

La pièce est pensée à partir de 8 ans et durera une journée entière. Cela veut dire des entractes, des repas, et même.. une sieste ! Comment vous dire que l’on y sera !

Du Butô version doré

Après vingt bonnes minutes de marche et quelques problèmes d’orientation, nous trouvons enfin où se trouve la Halle aux Cuirs non loin du Zénith. Le lieu est un vrai espace de répétitions, avec de beaux plateaux et des gradins. Nous allons directement voir le danseur et chorégraphe si pluriel François Chaignaud. Sur pointes, chanteur, en talons face à une moto, il a de la danse une définition vraiment large avec un seul engagement : du corps, du corps du corps ! Et là, le corps de François, à peine couvert d’un petit string doré, est plongé dans l’eau, dans une piscine toute aussi dorée !

Au moment où nous passons, il travaille un geste du visage, et la répétition à laquelle on assiste chanceux, est presque un pantonyme. C’est déjà extrêmement beau. Allongé dans l’eau, ou juste dans ses volutes de  bras, il prend la lumière, étire le geste, bref, c’est génial en une seconde. 

Le spectacle sera un événement puisqu’il s’agit d’une collaboration entre le célèbre danseur de butô et roi du grotesque Akaji Maro et donc le tout-terrain Chaignaud. La première aura lieu dans le cadre du Festival d’Automne à la Maison de la musique de Nanterre du 30 septembre au 2 octobre. On sait que Romain Brau est attendu aux costumes.

Pour plagier totalement la présentation du spectacle on vole cette citation : « Akaji Maro voit en François Chaignaud « l’éternité dans l’instant, la généalogie du vice et de l’immoralité, l’érotisme du sang qui reflue » (elle vaut la peine d’être volée non ?). Pour le moment, on ne sait pas comment la pratique de la Golden shower qui est (presque) le titre du spectacle et qui rappelons le vise à uriner sur son / ses partenaire/s se traduira là !

A voir…

 

Plaine d’Artistes a lieu jusqu’au 2 août. Les répétions sont ouvertes, tout le calendrier est à retrouver ici

 

Visuels: ©ABN

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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