Danse

Une Bayadère pour se quitter

23 juillet 2010 | PAR Alienor de Foucaud

Pour clore le Festival des Etés de la Danse de Paris, organisé au Théâtre du Châtelet, le Ballet de Novossibirsk, invité dans le cadre de l’année France-Russie, offre jusqu’à demain soir une Bayadère colorée; un brin d’exotisme avant de s’en retourner.


Créée en 1877 par Marius Petipa pour le Théâtre du Bolchoï sur une composition de Léon Minkus, La Bayadère est aujourd’hui un grand classique des répertoires de ballets. Comme le veut la tradition des ballets romantiques, La Bayadère consiste en un mélodrame impliquant un amour entre trois personnages dont les femmes, surnaturelles, incarneraient l’idéal féminin de l’époque. Le ballet évoque la rivalité qui oppose Gamzatti, princesse et fille d’un rajah, à Nikiya, esclave et bayadère toutes deux éprises du noble et courageux guerrier Solor. Le troisième acte célèbre par la descente des bayadères du royaume des ombres, offre à nouveau une cérémonie saisissante et un spectacle de qualité.

L’ouverture du ballet peine cependant à surprendre le spectateur, le rôle de Solor étant avant tout une pantomine, sans danse classique réelle, la gestuelle et les jeux de mimes priment sur le mouvement. Une histoire se raconte et le récit omniprésent empèche la danse de se créer son langage, trop au service d’un argument. En arrière-plan, les décors de l’Inde mêlent à l’exotisme antique et luxuriant, vêtements somptueux et spectacles grandiloquents. Bouddha, Ganesh et Shiva trônent tandis que le Taj Mahal donne la couleur. Le tout étant le prétexte idéal à des danses spectaculaires et des scènes mimées.

Malgré des décors précieux et des costumes affétés, la scène de la fête du feu sacré introduit les premières danses des bayadères où la délicatesse alterne avec la fougue des fakirs enturbannés, qui, en état de transe religieuse, sautent à travers les flammes, et se tailladent le corps. La célébration des fiançailles de l’Acte II est le prétexte à une grande procession comportant trente-six entrées dont fait suite un divertissement de taille: danses de caractères s’enchaînent, pas de deux, entrechats, sauts coupés, la précision et la légèreté retrouvent toutes leurs dimensions, et les ballerines renouent avec l’essentiel.

Bien que l’histoire se déroule dans l’Inde antique, tant la musique de Minkus que la gestuelle des danseurs ne font qu’à peine appel aux formes traditionnelles de la musique et des danses indiennes. Le ballet reflète essentiellement la vision de l’Asie du Sud qu’ont les européens du XIXèmes siècle. En somme, bien que le ballet s’attache à retranscrire une certaine vision de l’Inde, un chorégraphe russe ne s’éloigne jamais véritablement des canons du ballet classique.

La Bayadère, Festival des Etés de la Danse de Paris, Théâtre du Châtelet,

Vendredi 23 Juillet, 20h00; Samedi 24 Juillet, 15h00, 20h30.

www.lesetesdeladanse.com

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