Danse

Au Théâtre de la ville, Emanuel Gat fait revivre Glenn Gould

Au Théâtre de la ville, Emanuel Gat fait revivre Glenn Gould

31 mars 2014 | PAR Marie Boëda

The Goldlanbergs était jusqu’au 29 mars au Théâtre de la ville. La création 2013 d’Emanuel Gat est un spectacle hybride. Il associe des documentaires sonores et visuels réalisés par l’un des grands interprètes de Bach, Glenn Gould à une danse dont la sobriété met en valeur l’univers artistique de ce musicien hors du commun.

Le jeu du pianiste Glenn Gould a fait jaser par son originalité. Mais beaucoup s’accordent à dire qu’il était un génie. Au style dépouillé et franc, le pianiste canadien a révolutionné les Variations Goldberg de Bach. Emanuel Gat, passionné de composition musicale, croise des archives sonores de Glenn Gould, datant des années 70 pour Radio-Canada et son jeu des Goldberg.

En trame de fond, un documentaire réalisé par le pianiste sur une communauté mennonite dans le nord du Canada, des sons extraits d’une répétition de chorale, assortis des pensées et des discussions du pianiste.

Les danseurs sont en slip et en chaussettes ! Faiblement vêtus, ils nous emmènent dans les coulisses de la création. La lumière tamisée donne aux tableaux une singularité étrange qui, soutenus par les notes du pianiste, induisent un sentiment de sérénité. A l’image de Glenn Gould une énergie intérieure s’échappe des danseurs. Les gestes articulés et répétitifs suivent les sons de ce témoignage profond. Les huit danseurs de la pièce occupent l’espace en se dispersant et se regroupant comme pour refléter l’âme tiraillée du pianiste virtuose.

Cette création s’appuie sur une citation de Glenn Gould : « L’objectif de l’art n’est pas le déclenchement d’une sécrétion momentanée d’adrénaline, mais la construction, sur la  durée d’une vie, d’un état d’émerveillement et de sérénité ». Une phrase que le chorégraphe israélien tente de reproduire sur scène avec brio et avec quelques longueurs.

Goldlanberg a été présenté à Montpellier en 2013 et sera en tournée à Lyon à la Maison de la danse le 16 et 17 avril 2014.

Visuel : (c) Théâtre de la Ville

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Marie Boëda

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