Danse
Lancement des olympiades de danse contemporaine au Théâtre Louis Aragon

Lancement des olympiades de danse contemporaine au Théâtre Louis Aragon

12 décembre 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Au Théâtre Louis Aragon, situé à Tremblay-en-France, au cœur de la Seine-Saint-Denis, est née une idée aussi délirante que crédible : préparer une équipe de France de danse contemporaine pour participer aux JO de 2024 !

De vrais JO de la danse ?

Alors, non, ce ne sera pas pour les vrais Jeux Olympiques, pas à ce stade en tout cas, mais ce qui est vrai, c’est que pendant 2 ans,  les artistes associés du TLA, Clémentine Maubon et Bastien Lefèvre, vont interroger avec beaucoup de dérision les relations entre la danse et le sport. Plus sérieusement, cette relation est évidente. Quoi de plus chorégraphique que des supporters qui lèvent leurs bras en même temps, qu’une gymnaste qui virevolte sur ses agrès, qu’un coureur qui engage le bassin pour aller plus vite ? Et de façon plus intellectuelle, le sport est depuis longtemps un thème chéri pour les chorégraphes, particulièrement le foot : Pierre Rigal, Massimo Furlan, la compagnie Tandaim, Pauline Bureau, Mohamed El Khatib... Tous ont utilisé le geste sportif pour le questionner soit pour son mouvement, soit pour sa symbolique. Certains s’intéressent au terrain, d’autres aux spectateurs. Clémentine Maubon et Bastien Lefèvre viennent donc s’inscrire dans un thème classique du spectacle vivant. Mais là, l’idée déborde du spectacle même.

Un vrai projet militant

Vous le savez car on vous parle tout le temps du Théâtre Louis Aragon quand nous sommes… à Avignon. Pendant le festival, la Scène conventionnée d’intérêt national (SCIN) – Art et création danse s’installe dans un lieu, la Belle Scène Saint-Denis et présente « ses « artistes à un public très professionnel. Cette extra-territorialité permet de comprendre le travail majeur que fait Emmanuelle Jouan, véritable militante de la culture, qui perçoit la salle de spectacle comme un lieu d’éducation prioritaire. Et son projet marche, le public est local et nombreux.

Donc, comment s’amuser de cet événement gargantuesque que sont les Jeux olympiques ? Eh bien, en constituant vraiment une équipe d’amateurs motivés et en ouvrant une boutique où se vendent des écharpes de supporters flanqués de « équipe de France de danse contemporaine ». On adore. Le coup d’envoi a donc été donné par une soirée très généreuse. Tout commence avec Ferveur qui nous parle des chants des tribunes et de tout ce qui se passe autour du match, pom pom girls bien entraînées incluses ! On entend comme s’ils étaient des milliers « Depuis ma tendre enfance, je tremble d’impatience, Tremblay en France ! »

En guise de mi-temps, c’est Jacques Gamblin qui vient faire le « capo » , celui qui tourne le dos au terrain pour chauffer les supporters. Un vrai moment de théâtre, joli, doux, qui laisse place à une vraie mi-temps avec fanfare et paninis !

Un vrai spectacle qui a des tripes 

Retour en salle pour revoir Abdomen, cette fois-ci dans sa version complète, avec lumières et musique spatialisée. Nous avions découvert la pièce dans une version resserrée cet été pour la Belle Scène Saint-Denis. 

Nous retrouvons Bastien Lefèvre et Clémentine Maubon toujours à fond dans leur boot camp au Théâtre Louis Aragon. Cette fois-ci, ils arrivent vers nous comme des culturistes, ils ont l’air bodybuildés, déterminés. Leur crop top orange et leur tout petit slip noir leur donnent l’allure de membres de Starfleet près à sauver une planète. Sur cette planète, le sol est blanc et la lumière de  Jérôme Houlès est bleutée. La « parole » ne passe que par les tripes. 

C’est un discours amoureux entre un garçon et une fille qui commence de façon très musclée sur la techno très speed de Lucas Lelièvre par une démonstration intense d’abdos/fessiers. C’est très drôle, et la salle se tord de rire et applaudit même !

Le pas de deux, dont presque tous les mouvements sont empruntés à la gym en salle, évolue en geste amoureux où le désir passe par le nombril dans une électricité voyageuse. Les corps réduits à leur abdomen se rencontrent dans un arc de cupidon tout plein d’amour.  

La pièce est ultra courte, une petite demi-heure. Elle déploie, à la vitesse d’un cours de gym, des tableaux qui s’enchaînent dans les codes très clairs de la danse contemporaine (d’ailleurs, Yannick Hugron et Matthieu Coulon sont au générique), et nous amène vers une fin lumineuse, dont la douceur apparente contraste avec le mouvement qui, lui, reste très physique. 

À voir  au Théâtre de Vanves, lors du festival Danse Dense les 15 et 16 décembre 2021, puis  le 29 mars 2022 au 104 Hors les murs – à L’étoile du nord dans le cadre du festival Séquence Danse Paris et dans le cadre du festival Immersion Danse.

Visuel : ©Patrick André 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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