Danse
[Festival de Marseille] Wim Vandekeybus, pour le meilleur et pour le pire

[Festival de Marseille] Wim Vandekeybus, pour le meilleur et pour le pire

12 juillet 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Speak Low if you speak love est la nouvelle création, présentée en première française au Festival de Marseille, du génie flamand Wim Vandekeybus. Pour ce spectacle, le chorégraphe garde sa grammaire et l’applique à l’amour, dans une variation trop linéaire sur le couple.

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Dès le premier geste on doute. Un homme visage voilé jette une corde dans le public.  Elle ne s’accroche pas comme si il ne pouvait ni se pendre ni être sauvé. L’image est sans force. Vite et heureusement, vient la danse de celui qui avec sa compagnie Ultima Vez impose la force comme art. Dans le geste de Vandekeybus les sauts se font à un mètre du sol, les portés sont vrillés et les contorsions sont légions.  Cet amoureux des pièces de groupe a imposé sa première création en 1987 What the body does not remember une fureur de danser. Les corps qu’il dirige sont furieux et voraces.
Mais, et malheureusement cela lui arrive souvent, il choisit de se faire succéder des tableaux à la façon d’une comédie musicale blockbuster. L’agitation est superbement brute mais elle devient insipide en glissant dans le potache gras ou au choix dans le kitsch premier degré. La danse des buissons frise le ridicule tout comme le balancement de planches d’un cercueil qui vient se reconstituer régulièrement pour y plonger les ennemis de l’amour.

Cette sensation de « trop » est conforté par la musique jouée live par Deus, le groupe phare fondé par Tom Barman. Omniprésente, la voix puissante de Tutu Puoane, jazz woman transformée en diva écrase au lieu de sublimer, tout comme les titres guitare-voix superbes mais qui  se noient dans trop d’informations.

Bien sur, il y a du grandiose, du phénoménal, de l’époustouflant ici. Mais à trop vouloir dire, expliquer et raconter les relations amoureuses, Speak low if you speak love devient inaudible, manquant cruellement de respirations et de complexités.

Le festival de Marseille se prolonge jusqu’au 17 juillet avec Guests de Josette Baïz et Valser de Catherine Berbessou. La dernière soirée se fera en lien avec les habitants pour une Soirée Tango Carte blanche à Marseille objectif Danse avec les danseurs Victoria Vieyra et Mikaël Cadiou et la musique live Otros Aires

Visuel : © Danny Willems

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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