Danse
Tout était déjà dans What the body does not remember, la première pièce de Wim Vandekeybus

Tout était déjà dans What the body does not remember, la première pièce de Wim Vandekeybus

11 avril 2015 | PAR Christophe Candoni

Créée en 1987 et reprise au Centquatre à Paris, la toute première pièce du flamand Wim Vandekeybus, What the body does not remember, témoigne d’un geste chorégraphique inaugural furieusement libre et fauve, déjà emblématique tant il contient en germe tous les attraits, à commencer par son énergie vitale, mais aussi les excès, fatiguants à la longue, d’une œuvre délibérément tapageuse et un peu surfaite.

Plus d’un quart de siècle après sa création et servie par une distribution totalement renouvelée, What the body does not remember déchaîne à nouveau les corps et les passions de danseurs poussés vers des états de tensions et d’extrémités physiques. La danse de Wim Vandekeybus requiert un engagement démentiel des interprètes. Ils se courent après, se jettent les uns sur les autres, s’agrippent, se retournent, s’échappent jusqu’à perdre haleine. Ils sont ahurissants de force et de résistance musculaire dans la lutte comme dans la séduction ce qui revient chez l’artiste à peu près au même. La manière dont ils s’attirent, aguicheurs, et se titillent évoque en moins poétique et plus volontaire Pina Bausch (la scène des serviettes de plage) avant que la sensualité prenne une tournure plus agressive à l’occasion d’une fouille au corps musclée. Agrémenté de jeux de chaises, de lancers de briques blanches, de roulades au sol, de chutes, de portés et de sauts, le spectacle n’en est que plus électrifié.

Pourtant il tombe dans l’agitation brute et épuisante, un peu vaine, qui s’apparenterait presque au cirque, à cause de sa construction (une succession de numéros) mais aussi pour l’abattage et la démonstration de force permanente au mépris apparent du danger et du ménagement des artistes jusqu’à l’essoufflement. A cela s’ajoute une bande musicale hyper saturante de Thierry de Mey et Peter Vermeersch. Il y a bien sûr quelque chose de phénoménal, de bestial qui annonce dans ce premier spectacle ce qui fera le succès des quelques trente autres réalisés par Vandekeybus à ce jour mais aussi un trop plein de lourdeur et de spectaculaire asséné qui s’est aussi vérifié à chaque nouvelle production. Voilà pourquoi à nos yeux tout était déjà dans What the body does not remember.

 

 

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