Danse
Baobabs, un conte écologique à Chaillot

Baobabs, un conte écologique à Chaillot

09 janvier 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

Pendant deux jours, du 6 au 8 janvier au Théâtre National de Chaillot, la chorégraphe Josette Baïz a créé le spectacle Baobabs avec l’aide des plus jeunes danseurs de son Groupe Grenade. Un mouvement clair pour la planète. 

Une jeunesse qui s’alarme

Le baobab, communément appelé « arbre de vie » par les peuples autochtones, est capable de vivre plusieurs millénaires. Il est également caractérisé par sa capacité à résister à une chaleur intense, supportant ainsi la saison sèche en Afrique. Cependant, tous les êtres vivants, que ce soit les végétaux ou les animaux, ne possèdent pas ces attributs. Si la Terre se réchauffe, si la Terre est envahie par la pollution, rien ne survivra, peut-être pas même les baobabs.

Alors que le monde traverse une crise sans précédent, la jeunesse ne cesse de se questionner sur l’avenir de l’humanité. Il n’est plus possible de laisser de côté tous les problèmes liés à la sécheresse, au réchauffement climatique, à la destruction programmée de la nature. L’humanité doit faire face à ce qu’elle a engendré, elle ne peut plus nier, elle ne peut plus éviter ce qui est maintenant devenu inévitable.

Pour marquer cette prise de conscience, la chorégraphe Josette Baïz a créé le spectacle Baobabs avec l’aide des plus jeunes danseurs de son Groupe Grenade. Sur scène, on retrouve 14 jeunes interprètes, ayant en 9 et 14 ans, qui proposent une chorégraphie mélangeant danse africaine, danse indienne, hip-hop ou encore danse contemporaine. Ce mélange des styles est l’une des caractéristiques de la Compagnie Grenade et a pour but de parvenir à la création d’un style nouveau, qui ne s’arrête pas aux frontières classiques de la danse. Ici, il n’y a plus de limites, plus d’arrêts, tout est potentiellement possible.

« Nous entrons dans le temps de l’urgence climatique ». Tels sont les propos tenus par les danseurs durant le spectacle. Clamés tout haut, ils marquent leur volonté de réveiller les foules alors que le monde court à sa perte. Mais est-il possible d’imaginer un avenir meilleur ? Ce n’est pas la conclusion que semble tirer le spectacle, cependant, il est envisageable de limiter le pire.

La destruction de la beauté

Baobabs est une création qui réveille le spectateur par sa force de représentation. Mélangeant danse, textes clamés, rap, projection vidéo, elle met le spectateur face aux beautés du monde tout en le confrontant à sa destruction.

Sur scène, aucun décor, le plateau est a nu. Sur le mur du fond, une toile qui sert d’écran de projection. Sur cet écran, des images sont projetées. Ces images correspondent aux huit parties du spectacle. Durant ces parties, les danseurs traversent le globe pour parler des déserts, de l’Inde, de la calotte glacière, de l’océan ou encore de la ville. A chacune de ces parties est assimilé un style de danse particulier, qui fait écho au lieu. A cette danse s’ajoute une musique (composée par Thierry Boulanger) qui entre directement en interaction avec la danse et les images. C’est cette correspondance entre tous les éléments qui rend ce spectacle si touchant et plein de vie.

Malgré leur jeune âge, les danseurs du Groupe Grenade proposent un spectacle rempli de variations. En mélangeant les styles de danse, ils créent des tableaux dont l’intensité change. La musique qui les accompagne accentue ces évolutions et plonge le spectateur dans une sorte de trans, ayant pour base la destruction de la planète. Aux gestes, parfois très terre à terre, parfois beaucoup plus aériens, s’accompagnent des cris, moyen pour les danseurs d’exprimer leur rage ? Quoiqu’il en soit, il s’en dégage une énergie et une volonté de s’exprimer, d’exprimer le manque de temps face à la destruction toujours plus importante de la nature.

Baobabs est un spectacle qui réveille, qui éveille les consciences, qui dit qu’il faut lutter, qu’il faut continuer à créer. La jeune génération, c’est celle qu’il ne faut pas oublier, celle qui vient d’arriver mais qui voit tout ce que les « grands » ont fait et continuent de faire.

 

 

Visuel : © Olga Putz

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Lucine Bastard-Rosset

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