Danse

Avec RADIKAL, la danse contemporaine belge se présente à Berlin

Avec RADIKAL, la danse contemporaine belge se présente à Berlin

13 novembre 2017 | PAR Nicolas Chaplain

Les 3 et 4 novembre se déroulait à Berlin à RADIALSYSTEM V le festival RADIKAL dont la mission était de présenter aux berlinois les spectacles de chorégraphes émergents belges à travers une programmation mitigée.

A l’initiative de Rachid Madrane, ministre en charge de la promotion de Bruxelles, le festival RADIKAl a été organisé par l’agence de tourisme visit.brussels. Les artistes programmés ont été sélectionnés par quatre curateurs représentants quatre théâtres importants bruxellois : les Brigittines, le Beursschowburg, les Halles de Schaerbeek et le Kaaitheater. Malgré le titre prometteur du festival RADIKAL, peu de productions parmi les propositions choisies se sont révélées être fondamentalement audacieuse, singulière et innovante.

Certes la force de Hérétiques d’Ayelen Parolin, la puissance et la complexité des mouvements simultanés ou en canon étonnent et stimulent mais il manque à la proposition un soin apporté aux lumières et aux costumes pour que celle-ci soit plus totale, absolue. L’entité, pourtant percutante, formée par les deux danseurs est malheureusement perturbée par la présence de la pianiste qui crée cependant un environnement musical violent et étrange qui convient.

La performance follement endurante de Daniel Linehan, seul, qui tourne frénétiquement, obsessionnellement sur lui-même pendant une bonne demi-heure et s’interroge, non sans humour, sur le sens de ce qu’il est en train de produire, épate et séduit. Not about everything éprouve, épuise, amuse, électrise.

Plus décevantes, les pièces de Louise Vanneste, Gone in a heartbeat, et de Salva Sanchis, Radical Light sont les plus longues et comptent les distributions les plus nombreuses. Sur des sons électroniques et hypnotiques, chaque danseur et danseuse – toutes et tous sont magnifiques – évolue et danse pour lui- même dans un espace délimité (une sorte de dancefloor chez Vanneste, un carré orange chez Sanchis), cohabite avec les autres mais ne les rencontre que très peu. Les deux propositions chorégraphiques alternent des moments improvisés et des mouvements écrits, des gestes minimalistes et des déplacements amples et légers. La danse est belle et les propositions construites avec habileté et maîtrise mais les deux pièces manquent toutes deux d’originalité, de personnalité et s’avèrent peu percutantes.

Enfin, une artiste tire son épingle du jeu : Leslie Mannès. Dans Atomic 3001, l’artiste répète, inlassablement, des mouvements d’abord martiaux puis lascifs. Emportée par les sons techno que diffuse une batterie d’enceintes, elle s’adonne au headbanging. Les lumières psychédéliques dévoilent une silhouette rouge vif au centre du plateau et une personnalité singulière, impressionnante. Le spectacle de l’épuisement (non feint) fascine. Violente et sexy, la pièce bouscule, subjugue.

A Radialsystem V, Berlin. Les 3 et 4 novembre 2017. © Hichem Dahes

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