Danse
Altered natives’Say Yes to another Excess : François Chaignaud et Cecilia Bengolea on the dance floor

Altered natives’Say Yes to another Excess : François Chaignaud et Cecilia Bengolea on the dance floor

25 octobre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Com’on Vogue ! Les deux chorégraphes chouchous de la scène contemporaine proposent leur dernière création à Beaubourg dans le cadre du Festival d’Automne. Amateurs de gros son électro, ruez-vous, la piste est occupée par 5 divas du dancing.

François Chaignaud et Cécilia Bengolea sont des chercheurs, toujours prêts à réveiller ou récupérer des formes désuètes, mineures ou à la marge du monde de la danse établie. Après s’être enserrés dans des masses noires pour Sylphides, avoir réhabilité les Danses libres des années 20, l’opérette avec Sous l’ombrelle (s’avive l’éclat de nos yeux), leur champs d’étude se pose aujourd’hui sur les pas des night-clubbeurs.

La marque de fabrique du duo s’inscrit justement dans l’anthropologie. Ils se jouent des identités sexuelles, François Chaignaud arborant chevelure de lionne et longs ongles bleus. Cela est un fil conducteur de leur travail. Mais ensuite, tout n’est que renouvellement réjouissant.

Altered natives’ Say Yes to another Excess-TWERK met en scène cinq danseurs et deux DJ’s, Elijah et Skilliam, dieux du Grime ce savoureux mélange de garage, de hip hop et de techno. Ils envoient du gros son alors que le public entre. Les danseurs, Cecilia Bengolea (Paris), François Chaignaud (Paris), Élisa Yvelin (Bruxelles), Alex Mugler (New York), Ana Pi (Paris / Belo Horizonte) sont déjà en transe dans des tourbillons maîtrisés où les lignes se tracent sous les néons pas encore en action qui découpent le ciel. Pour le moment ils sont cinq individus séparés chacun pour soi. Ils vont dans des gestes syncopés, à la maîtrise totale et à la puissance physique déployée rendre hommage à toutes ces danses de discothèque. Ils donnent à un genre en apparence mineur, celui de la fête, toutes ses lettres de noblesse.

Les artistes sont partis bosser à New-York pour l’occasion ramenant de la grosse pomme le meilleur des mouvements. Comme dans une folle nuit en club, très teintée par le début des années 2000, la party est sexy, glissant dans des allers-retours et des jeux de rentre-dedans qui permettent aux corps qui jusque là étaient dans des shows exubérants individuels, en duo ou en trio, de devenir masse, ligne parmi les lignes.

La chorégraphie est inventive dans une utilisation pertinente de gestes bien réadaptés du dancefloor au plateau. La recherche du beau n’est pas là, ici, c’est la sueur qui est demandée. Pourtant il surgit, on pense à ce trio en deux distances de rythme :  une danseuse très rapide et deux autres au ralenti. Ils semblent se fondre dans les beat.

Il faut admirer ceux qui savent au milieu des simples noctambules faire spectacle. C’est comme toujours chez eux déstabilisant à souhait et empli de désir attirant. Let’s dance now !

Visuel : altered natives’ Say Yes to Another Excess — TWERK 3 Création 2012 © Emile Zeizig

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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