Danse
Costard : costumes sauvages à la Villette

Costard : costumes sauvages à la Villette

05 août 2021 | PAR Juliette Sergent

Le Cabaret Sauvage de la Villette a présenté le spectacle de Hip Hop Costard, chorégraphié par Hafid Sour. Une prestation à la fois moderne et classique, sensuelle et élégante.

Dans une atmosphère sombre, une fumée blanche éclaire les danseurs. Dans le parc de la Villette, le Cabaret Sauvage a accueilli le spectacle Costard, où la danse urbaine issus de la rue, se confronte à ce costume noir représentatif de notre société. Au nombre de six, ils commencent le spectacle dans une combinaison moulante, qui les englobe intégralement. Pourtant, ils sont représentés ainsi comme nu. Leur plastique musclée se livre aux spectateurs. Leurs mouvements sont doux, ténébreux, sensuels. Ils jouent avec leur corps, et forment une fleur, une vague, un seul homme.

Leur costume évolue au rythme de leur danse. Les voilà vêtus d’un pantalon et d’un t-shirt noir. Leurs gestes s’intensifient, avant l’arrivée d’un nouveau personnage : un porte-manteau, habillé, lui, des fameuses vestes de costard. Les six danseurs tournoient autour, comme attirés par celui-ci. Ils continuent de s’habiller, sans jamais relâcher leurs mouvements de danse. Une fois la veste enfilée, les hommes changent une nouvelle fois leur danse. Elle a pris possession de leur corps, de leurs pas, de leur comportement. La prestation artistique est belle et intense.

La chorégraphie, particulièrement poétique, le deviendra davantage avec l’arrivée d’un nouvel accessoire, le mouchoir blanc. En rythme, ils tournoient au gré du souffle des ventilateurs. Un danseur est dénué de ce précieux tissu, qui vient habiller un peu plus la veste du costard. Il est alors à l’écart, et tente d’en attraper un, en vain. Un partenaire viendra finalement l’intégrer à cette bande de costume. Les voilà réunis, habillés, chaussés, prêt à se rendre au bureau, on imagine.

A la fin de la représentation, le chorégraphe se confie au public. « Savez-vous pourquoi j’ai appelé ce spectacle costard ? » demande-t-il. « Petit, je n’étais pas très bon à l’école. Et ma mère m’avait dit, j’espère que mon fils aura un métier en costume cravate ». Le temps d’une danse, c’est chose faite.

Visuel : affiche Costard.

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Juliette Sergent

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