Danse
Cinédanse : Catherine Ringer dans Flashes rouges

Cinédanse : Catherine Ringer dans Flashes rouges

05 août 2021 | PAR Nicolas Villodre

Catherine Ringer est dans l’actualité. Par sa présence scénique, récemment encore aux Vieilles charrues carhaisiennes où elle a redonné au public les chansons emblématiques des Rita Mitsouko. Puis par une brève interruption de sa tournée pour raisons médicales. Sa carrière d’interprète lyrique et/ou de « performeuse » démarra avec l’opéra rock Flashes rouges (1979) de Marc’O, Geneviève Hervé et Stéphane Vilar.

Théâtre musical 

Marc’O, programmateur du Tabou, ami des musiciens de jazz qu’étaient aussi Alain et Boris Vian, des Lettristes Isidore Isou et Guy Debord, éditeur de revues, producteur et réalisateur de films, lança au théâtre Bulle Ogier, Jean-Pierre Kalfon, Valérie Lagrange, Michèle Moretti, Bernadette Lafont et Pierre Clémenti avant de porter à l’écran en 1968 sa pièce à succès Les Idoles. Dix ans plus tard, avec Geneviève Hervé et Stéphane Vilar, il adapta pour la vidéo leur opéra rock d’esprit libertaire intitulé Flashes rouges avec pour musiciens, non seulement Vilar à la guitare, mais aussi le bassiste Diego Burgard et le batteur Nicolas Allwright – le fils de Graeme. Zouzou la twisteuse, prévue comme chanteuse n’étant pas en forme olympienne, fut remplacée séance tenante par la comédienne et danseuse Catherine Ringer.

Geneviève Hervé et Marc’O obtinrent de Philippe Quéau, responsable du Groupe de recherche image de l’Ina, la possibilité de capter en vidéo deux pouces la pièce à la seule condition de retraiter électroniquement leurs prises de vue. En deux jours, l’opéra fut mis en boîte. Les effets vidéo exigèrent près d’un an de travail. Le master a, semble-t-il, aujourd’hui disparu. Il ne reste que des extraits de cette œuvre singulière à plus d’un titre : par rapport à l’histoire du rock hexagonal et à celle de la création audiovisuelle. Ces minutes d’images en Umatic, qui plus est pour celles destinées au prémontage avec le time code incrusté, ont une qualité esthétique indéniable.

Pionniers de la vidéodanse

Innovant dans le domaine de l’image « hypergraphique », Marc’O et Geneviève Hervé ont utilisé les moyens électroniques explorés en noir et blanc puis en couleur par le réalisateur de télévision Jean-Christophe Averty, jazzophile et pataphysicien comme les Vian, et son collaborateur attitré, le spécialiste d’effets spéciaux Max Debrenne. Les interventions plastiques sur les images vidéo de Flashes rouges étaient obtenus à l’aide de deux ordinateurs maison : le Spectron et le Truqueur universel inventé par Francis Coupigny. Par la suite, Geneviève Hervé continua ses expérimentations en installant à la sortie du signal vidéo un appareil photo Nikon lui permettant de garder trace des images peintes électroniquement. 

À l’issue d’un concert de Flashes rouges donné au théâtre de Montreuil, Fred Chichin, fils de Jean-Louis Pays (un des fondateurs de la revue Miroir du cinéma) fut présenté à Catherine Ringer. Dèx lors, ils ne se quittèrent plus. Catherine suivit Fred pour fonder, quelque temps plus tard, Rita Mitsouko. Un des tubes les plus fameux du groupe est, comme on sait, un hommage à Marcia Moretto, qui forma la chanteuse à l’art de Terpsichore. Le vidéoclip de « Marcia baila », réalisé en 1985 par Philippe Gautier, constitue  une archive sur la nouvelle danse française  d’alors. Y figurent notamment Daria Elies, Michèle Prélonge, Hélène Odier, Arthur Wilkins, Santiago Sempere et Mogly Speix. Mais ceci est une autre histoire.

Visuel : vidéogramme de Flashes rouges.

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Nicolas Villodre

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