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Xamissa : Cape Town, portrait en musique

Xamissa : Cape Town, portrait en musique

26 septembre 2013 | PAR Melissa Chemam

 

Dans le cadre du Festival d’Automne 2013 et de la Saison culturelle sud-africaine en France, le Théâtre des Bouffes du Nord devient un haut lieu de l’accueil des talents de l’Afrique australe. Après les chants du Kwazu-Natal et avant la danse de la chorégraphe Nelisiwe Xaba, c’est le musicien Kyle Shepherd qui a été reçu sur la scène mythique de Peter Brook. Un ravissement et un musicien à suivre.

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Le public de la belle salle des Bouffes du Nord les a tout simplement ovationnés. Kyle Shepherd et ses musiciens ont enchanté Paris en seulement une nuit. Il faut dire que la virtuosité du pianiste mêlée aux émotions drainées par les chants traditionnels sud-africains font de ‘Xamissa’ un concert hors du commun.

Le natif du Cap Kyle Shepherd aime à dire qu’il ne compose pas du jazz, pas que du jazz en tout cas, il n’aime pas les étiquettes. Mais il serait bien difficile de lui en imposer une. Né le 8 juillet 1987, formé au violon classique avant de se consacrer au piano, Kyle Shepherd devient pianiste de jazz et se tourne parallèlement vers les diverses richesses du patrimoine musical de son pays, apprenant à jouer de nombreux instruments traditionnels dont le xaru, l’arc musical, qui inaugure ce spectacle.
Pour ‘Xamissa’, présenté pour la première fois en France aux Bouffes du Nord, Shepherd s’est entouré d’un percussionniste, Claude Cozens, d’un saxophoniste, Buddy Wells, et de quatre chanteurs, deux hommes et deux femmes, les sublimes voix de Bulelani Madondile, Busisiwe Ngejane, Portia Shwana et Xolisile Yali.

Ils ouvrent la soirée avec la morceau-titre, sublime chant de joie et d’hommage à la nature de la région du Cap occidental. En langue locale, ‘xamissa’ signifie le ‘lieu des eaux douces’, en référence aux rivières qui, descendant de la Montagne de la Table, symbole de la région de Cape Town, confluaient librement aux pieds du mont, avant qu’elles ne soient enterrées avec les travaux entrepris avec la colonisation.

Pour retrouver ces sons, Kyle Shepherd et Claude Cozens ont par exemple créé une batterie unique à partir de tambours traditionnels, des ghoemas. A ces influences s’ajoutent aussi des références aux chorales, musiques d’églises et chants musulmans, assure le musicien.

Régulièrement, Kyle quitte le piano pour reprendre son xaru, un instrument sud-africain très ancien qui se joue avec la bouche et une tige, qui incarne pour le groupe un « lien avec les ancêtres ». A cela s’ajoute encore le saxophone, très présent dans le jazz sud-africain contemporain et l’influence du jazzman – également originaire du Cap – Abdullah Ibrahim, mêlant improvisation et références classiques, et fervent d’une idéologie qui donne à la musique une responsabilité sociale, celle d’apporter les éléments positifs à des sociétés parfois cernées par la négativité.

Avec cette base, les voix puissantes et la présence lumineuses des quatre chanteurs sud-africains, parés de bijoux traditionnels, irradient, capables du murmure comme de l’emphase, dans une palette d’une grande richesse.
Le tout forme un concert enchanteur et ouvre vers un monde musical trop rare dans nos contrées. La formation sera également à L’Onde Théâtre le vendredi 27 septembre, à Vélizy-Villacoublay. Vivement leur retour.

Xamissa, de Kyle Shepherd (composition, piano, arc musical xaru), avec Buddy Wells (saxophone, ténor), Claude Cozens (percussion et ghoema), et voix : Bulelani Madondile, Busisiwe Ngejane, Portia Shwana, Xolisile Yali. Durée : 1h15.

visuel : Kyle Shepherd (c) Vincent Pontet

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