World

[Live report] Tiken Jah Fakoly au Zénith de Paris

[Live report] Tiken Jah Fakoly au Zénith de Paris

30 avril 2015 | PAR Simon Théodore

Le 29 avril, le grand monsieur du reggae africain, Tiken Jah Fakoly, posait ses valises au Zénith. Avec un dernier album intitulé Dernier Appel, le chanteur engagé a brisé les frontières et nous a emmené sur le continent, berceau de l’humanité. Loin d’être complet, cette date fut, néanmoins, d’une incroyable chaleur.

Après une date au Printemps de Bourges, Faada Freddy était chargé d’ambiancer le public. Il est environ 20h quand le chanteur d’origine sénégalaise s’installe. Seul sur cette gigantesque scène, il instaurera une atmosphère relaxante et on se délectera de sa voix et des douces mélodies qui s’échappent de ses doigts. Parfois un peu soporifique, il réussira à nous réveiller en s’acharnant sur sa guitare. Adepte des reprises, on connaissait sa version de Smells Like Teen Spirit (Nirvana). Il a, cette fois, choisi de revisiter le tube d’Aloe Blacc « I Need Dollar ». Un concert de reggae, sans référence à Bob Marley, n’est pas un concert de reggae ! L’apothéose de son set sera donc sa version de « No Woman No Cry ». Pendant que Faada Freddy fera la beat box, le refrain, entonné par la foule, résonnera dans toute la salle. Magique ! Avec quelques morceaux de son dernier album Gospel Journey, il a donc assuré une agréable performance. Après trente minutes de musique posée, tout le monde attendait le grand Tiken Jah.

Lorsque les différents musiciens montent sur scène, la pression monte. Les cuivres, les guitariste et bassiste, la batterie ainsi que les femmes choristes prennent possession du lieu. Les mélodies s’envolent, le riddim est lancé; ce sera deux heures de show intense. Tiken Jah se fait attendre et, lorsque sa voix se fait entendre, il apparaît tel un messie avec son bâton de pèlerin. Sa musique engagée pousse à la révolte. Il commencera le concert par les classiques comme « Plus Rien ne m’Etonne« . Certains morceaux seront dédiés aux mères mais surtout à cet immense continent africain. Il dédicacera un titre au peuple burkinabé, s’étant récemment révolté contre son président. La barbe grisonnante, il apportera un vent de sagesse auprès d’un public transi par l’émotion. Alors que les parties dub calmeront le jeu, le reggaeman ivoirien n’hésitera pas à traverser la scène,à plusieurs reprises et de long en large, et à donner ses fameux coup de pieds en l’air.

Il règne une atmosphère de fraternité. Par moment, la foule saute et danse mais il manquera de monde pour enflammer la salle. En écho à la batterie aux couleurs de son pays natal, Tiken Jah Fakoly fera tomber le costume traditionnel au profit d’un tee shirt jaune marqué du continent africain. Sa musique est un hommage à cette terre ! Le chanteur est là pour présenter son nouvel album. Logiquement, et pour un très beau moment, il invitera Nneka et Patrice. Ces instants divins seront renforcés par les soli du guitariste, tout de blanc vêtu, se rapprochant du public pour l’occasion. Le magnifique « Africa » clôturera le show. Planant et chaleureux, le concert s’est déroulé à une vitesse folle. Sa musique laissera un public ravi mais c’est bien l’impression que le monde ne tourne pas rond qui régnera à la fin du concert. Tiken Jah Fakoly a un message fort à transmettre et il le fait remarquablement bien !

Visuel : DR

[La recette de Claude] Colin aux tomates
Corbusier, la brute humaine
Simon Théodore

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *