Musique

The Kills : ce soir au Bataclan

The Kills : ce soir au Bataclan

06 avril 2011 | PAR Pascal

Alison Mosshart l’Américaine et Jamie Hince l’Anglais, leur boîte à rythme vintage et la guitare underground garage, décocheront ce soir au Bataclan les flèches de Blood Pressures, leur quatrième album, quelques semaines après leur passage à la Flèche d’Or. De battre notre coeur s’arrêtera. Le duo anti-carrière et anti-industrie sort aujourd’hui chez Domino Records un album fouillé et intense attendu avec impatience.

Classer les deux enfants tant timides que terribles de la scène rock est de l’ordre de l’impossible. Nombreux sont ceux qui ont essayé de leur faire coller à la peau l’héritage du mythe The White Stripes, de PJ Harvey. Ils jouent garage, c’est certain. Minimalistes, ils le sont. Des accents punks, ils les ont. Des effluves Velvet Underground parcourent leurs échines, des riffs blues se dessinent, mais le hors système les habille.

Hors système carrière par leur attitude indépendante et cette patience dans leurs échanges transatlantiques pour sortir leur premier EP en 2002, le 14 février exactement, date tatouée sur la main gauche d’Alisson et un enregistrement envoyé en deux semaines sur un huit pistes tout aussi minimaliste que leur démarche. Hors système industrie par l’attente de ces quatre albums et une signature tardive pour leur second album (2005) chez Domino Records.

Dépouillé serait l’adjectif qui conviendrait le mieux à leur environnement musical. Comment pourrait-il en être autrement ? La base ? Une vieille boîte à rythme vintage Roland, des riffs en boucle, une voix timide et grave qui monte progressivement, un esprit toujours poétique qui déclame sur scène. La subtilité de l’énergie humaine et la brutalité obsessionnelle de leurs textes sont les signes de leur indépendance. Des poètes sauvages dans l’éclairage d’une intimité provocatrice.

De l’album Blood Pressures, nous ne connaissons que le clip de « Satellite », dont le titre nous rapprocherait de « Satellite of Love » de Lou Reed, comme quoi ils sont inclassables et y tiennent. Les images sont celles d’un road movie dans une Rolls d’un couple, eux, allant vers la mer, s’arrêtant dans un relais d’autoroute pour déjeuner et s’enfuir sans payer. Une voiture en noir et blanc s’écrase contre un rail, séquence qui reviendra comme un refrain. Jamie Hince s’avère un remarquable acteur et ses regards, dignes d’Humphrey Bogart.

L’aventure musicale de The Kills prend des risques, comme une histoire d’amour. Le titre s’appuie sur des riffs façon reggae joué par les Clash et une mise en son bourrée d’ondes et de détails sonores, non sans rappeler Brian Eno (Roxy Music, U2, Robert Fripp, David Bowie période Heroes). La rythmique en boucle donne un sentiment de continuité comme une route, une highway américaine sur laquelle la voix d’Alison et les chœurs de Jamie posent une ambiance glam dans les refrains. Un peu de structure ne leur nuit pas et augmenterait même notre curiosité. The Kills jouent avec les références et les normes, dans le paradoxe du recul et de l’investissement, du studio et du live, mais à deux, ils sont tant ! Des tueurs.

Pascal Szulc

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